Flâner entre le rêve et le poème… Ouvrir la cage aux arpèges… Se noyer dans un mot… S'évaporer dans les ciels d'un tableau… Prendre plaisir ou parfois en souffrir… Sentir et ressentir… Et puis le dire – S'enivrer de beauté pour se forcer à croire !
Have yourself a merry little Christmas Let your heart be light Next year, all our troubles will be out of sight Have yourself a merry little Christmas Make the Yuletide gay Next year, all our troubles will be miles away
Once again as in olden days Happy golden days of yore Faithful friends who are dear to us Will be near to us once more
Someday soon, we all will be together If the fates allow Until then we have to muddle through somehow So have yourself a merry little Christmas now
Tu n’es pas tout à fait la misère,
Car les lèvres les plus pauvres te dénoncent
Par un sourire.
Paul Eluard
Ψ
Triste é viver na solidão Na dor cruel de uma paixão Triste é saber que ninguém Pode viver de ilusão Que nunca vai ser, nunca vai dar O sonhador tem que acordar
Sua beleza é um avião Demais p’rum pobre coração Que para pra te ver passar Só pra me maltratar Triste é viver na solidão.
Il est triste de vivre dans la solitude Dans la douleur cruelle d’une passion Il est triste de savoir que personne Ne peut vivre d’illusions Que cela ne sera jamais, ça ne marchera jamais Le rêveur doit se réveiller
Ta beauté est un avion Trop belle pour un pauvre cœur Qui s’arrête pour te voir passer Juste pour se flageller Il est triste de vivre dans la solitude.
I have learned that all you give is all you get
So give it all you’ve got
Shirley Horn (1934-2005) – Photo 1991
Pour la voix « pleine de force et de majesté » de Shirley Horn
Pour les paroles empreintes de sage nostalgie ébauchées par Artie Butler qui dit avoir composé cette ballade à travers le regard mélancolique d’un vieil homme penché sur son passé, et qui aurait conservé intact son optimisme envers le temps qui reste.
Pour l’arrangement musical de Johnny Mandel qui a sans doute réalisé là le dernier grand standard du jazz américain, et le titre signature de Shirley Horn dont l’interprétation profonde et suave représente un legs majeur à l’histoire du jazz vocal déjà si bien représenté par ailleurs.
Pour la qualité de l’enregistrement de 1992, avec orchestre, en studio.
POUR LE PLAISIR ! POUR LE PLAISIR ! POUR LE PLAISIR !
Aucune plainte et aucun regret Je crois toujours à la poursuite des rêves et aux paris Mais j’ai appris que tout ce qu’on donne est tout ce qu’on obtient Alors donne tout ce que tu as reçu
J’ai eu ma part, j’ai bu ma dose Et même si je m’en satisfais Je veux encore voir ce qu’il y a sur d’autres routes Là-bas, au-delà de la colline Et tout recommencer
Alors voilà, à la vie et à toutes les joies qu’elle procure À la vie, pour les rêveurs et leurs rêves
C’est drôle comme le temps passe vite Comment l’amour peut-il passer De la chaleur de l’enfer à la tristesse des adieux Et nous laisser avec nos souvenirs qu’on appelle Pour réchauffer nos hivers
Car hier est passé et qui sait ce que demain apporte Ou emporte Tant que je suis encore dans le jeu je veux jouer Pour rire, pour vivre, pour aimer
Alors à la vie et à toutes les joies qu’elle apporte À la vie, aux rêveurs et à leurs rêves
Puisses-tu surmonter tes tempêtes Et embellir tes bonheurs À la vie, à l’amour, à toi (bis)
Traduction personnelle
La reconnaissance, pour Shirley Horn, a été tardive mais à la différence de bien des musiciens qui attendent longtemps que leur heure survienne, la raison de ce retard est liée dans son cas à des choix personnels. Aussi, son retour au devant de la scène à l’âge mûr a-t-il révélé au grand public une chanteuse d’une rare authenticité, chez qui l’émotion la plus pure se conjuguait à une musicalité sans pareille dont témoignait son aura auprès des musiciens. Comme les grandes chanteuses de jazz, Shirley Horn possédait non seulement un timbre de voix inimitable mais surtout un art d’interpréter les chansons avec un sens consommé de la mise en scène, chanteuse du clair-obscur et de la note feutrée.
Vincent Bessières - Directeur de la revue "Jazz & People"
(Introduction d'un portrait de Shirley Horn publié sur le site de la Philharmonie de Paris)
Les contes de fées c’est comme ça.
Un matin on se réveille.
On dit : « Ce n’était qu’un conte de fées… »
On sourit de soi.
Mais au fond on ne sourit guère.
On sait bien que les contes de fées
c’est la seule vérité de la vie.
Antoine de Saint-Exupéry (« Lettres à l’inconnue » – Gallimard 2008)
∞
Una volta c’era un re, Che a star solo, Che a star solo s’annoiò; Cerca, cerca, ritrovò : Ma il volean sposare in tre. Cosa fa? Sprezzò il fastom e la beltà , E all fin scelse per sè L’innocenza, e la bontà Là là là là …
Il était une fois un roi Qui était seul, Qui s’ennuyait d’être seul. Il chercha, chercha encore Et c’est trois femmes qu’il trouva… Trois femmes qui voulaient toutes l’épouser. Que faire ? Il méprisa la pompe et la beauté, Et finalement, pour lui-même, choisit L’innocence et la vertu. La la la…
Wallis Giunta - mezzo soprano
"Una volta c'era un re" :
Chanson extraite de l'opéra "La Cenerentola" de Gioachino Rossini
Dans le blues, dans le jazz, l’obscurité est toujours déjà présente, tout comme le chagrin. La catastrophe est un éternel compagnon. Mais jamais vous ne laissez l’obscurité et le chagrin avoir le dernier mot. Jamais.
Cornel West (Philosophe américain)
in « Philosophie Magazine » (11/2012)
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Oh ! Oui ! Même si l’on n’est pas un(e) grand(e) aficionad(a) d’opéra, on a tous un jour croisé le chemin de cette attendrissante Madame Butterflydont Maître Puccini raconte l’histoire dans une de ses plus belles œuvres, l’opéra éponyme de 1904, l’un des plus joués dans le monde.
Qui n’a pas un jour senti son cœur se serrer devant le triste désarroi de cette jeune et jolie japonaise, naïve, séduite, abandonnée et trahie par un officier américain ?
Qui n’a pas essuyé une larme lorsque fière et courageuse au sommet de son désespoir elle fait en scène ses adieux à son enfant chéri avant de se donner le seppuku ?
Qui aurait pu imaginer que ce thème inspirerait, en 1916, deux compositeurs de Broadway, Raymond Hubbel et John L. Golden qui écriraient la chanson « Poor Butterfly » ?
Qui, alors, aurait pu prédire que son succès du moment ferait d’elle, dans les années 1950, un « standard » du jazz, au programme des musiciens et des voix les plus emblématiques du genre, et au point de figurer dans le répertoire de la grande Sarah Vaughan comme titre signature ?
Questions sans réponse… Qu’importe !
Le flambeau continue de se transmettre. Alléluia !
A cappella ou en formation avec Andrea Motis et son quintet, Cécile McLorin Salvant en témoigne superbement :
Poor Butterfly
There’s a story told of a little Japanese. Sitting demurely ‘neath the cherry blossom trees. Miss Butterfly’s her name. A sweet little innocent child was she ‘Till a fine young American from the sea To her garden came.
They met ‘neath the cherry blossoms everyday. And he taught her how to love the American way. To love with her soul t’was easy to learn. Then he sailed away with a promise to return.
Poor Butterfly ‘Neath the blossoms waiting. Poor Butterfly For she loved him so.
The moments pass into hours. The hours pass into years. And while she smiles through her tears, She murmurs low:
The moon and I know that he’ll be faithful I’m sure he’ll come to me by and by. But if he won’t come back I won’t I’ll never sigh or cry, I just must die. Poor Butterfly!
Pauvre Butterfly !
Voici l’histoire que l’on raconte à propos d’une petite japonaise assise délicatement sous les cerisiers en fleurs. Son nom : Miss Butterfly.
C’était une douce petite enfant, innocente, jusqu’à ce qu’un beau jeune homme venu de la mer apparaisse dans son jardin.
Chaque jour ils se sont vus sous les fleurs des cerisiers. Il lui a appris à aimer la vie à l’américaine. – Apprend vite l’âme qui aime. Puis il est parti, promettant de revenir.
Pauvre Butterfly patiente sous les fleurs. Pauvre Butterfly qui l’aimait tellement.
Les instants devinrent des heures, et les heures des années. Tandis qu’elle souriait à travers ses larmes, elle murmurait tout bas :
‘Nous savons, la Lune et moi qu’il me restera fidèle. Je suis sûre qu’il reviendra me voir de temps en temps. Mais s’il ne revenait pas, sans un pleur, sans un soupir, je devrai juste mourir.’ Pauvre Butterfly !
Dominique Ponnau (Directeur honoraire de l’École du Louvre)
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Qui, si je criais, m’entendrait donc, d’entre les ordres des anges ? et supposé même que l’un d’eux me prît soudain contre son cœur, je périrais de son trop de présence. Car le beau n’est rien que ce commencement du Terrible que nous supportons encore, et si nous l’admirons, c’est qu’il dédaigne, indifférent, de nous détruire. Tout ange est terrifiant.
R. M. Rilke, « Les élégies de Duino », traduction de Philippe Jaccottet (La Dogana, 2008, p. 9)
Ange-gardien (« Entidade »)*
Il vient de loin, Il vient toujours, Il vient D’on ne sait quel monde. Profonde est sa connaissance car elle vient de l’au-delà.
Son temps ne se compte pas en secondes, Pour lui le temps n’existe pas ; À y penser plus profondément Son temps n’est le temps de personne.
Il vient de très loin, Il vient Et demeure toujours à tes côtés. Le passé lui appartient Et l’avenir aussi. Qu’est la vertu ? Qu’est le péché ? Il ne les définit ni ne s’en mêle Car bon ou mauvais Le temps de chacun est sacré.
C’est une présence étrange, Invisible, qui t’accompagne, Mais, crois-moi, Où que tu te tournes, Toujours Il te voit.
Ton chemin Il en décide, Il te guide et te protège Même quand par tes moqueries Tu te refuses à y croire.
Il est ombre, spectre, figure, Et c’est pour rester caché Qu’Il fait ainsi les choses, Ainsi qu’elles sont censées être.
Ne commets pas l’erreur De vouloir changer le destin, Il le connaît, depuis le tout début Et jusqu’après la fin.
*La traduction, très libre, a été réalisée par l’auteur de ce billet.
Le magistral guitariste et compositeur brésilien Yamandu Costa a beaucoup collaboré avec son grand aîné le poète contemporain Paulo Cesar Pinheiro. Leurs réussites communes sont nombreuses et heureuses.
Cette mélodie "Entidade" est un des titres du récent album de Yamandu, "Vento sul"(Vent du sud), un régal de chansons brésiliennes accompagnées par l'incomparable musicalité de la guitare à 7 cordes du compositeur virtuose. Le titre est particulièrement évocateur de cette présence invisible qui est supposée nous accompagner tout au long de notre chemin de vie... Yamandu a choisi les lumières méditatives, pâles et ombreuses, de ses cordes pour en préserver le mystère. Douce et suave, comme le chant rassurant d'une maman, la voix de MônicaSalmaso, chanteuse populaire brésilienne, distille une apaisante envie d'y croire.
Les pénibles jours d'isolement dûs à l'épidémie ont inspiré la générosité de Mônica : elle a réalisé à distance, chacun restant chez soi, avec un grand nombre d'artistes brésiliens, une série de vidéos musicales pour réconforter et égayer les tristes jours de ses compatriotes. Un vrai bonheur pour les amoureux de la chanson et des rythmes de ce pays.
Cette vidéo fait partie de cette série, "Ô de Casas", superbe, à la fois par les talents qui s'y produisent et la sincérité qui s'en dégage.
Non, non, arrêtez donc de faire l’abeille, et ne cherchez-pas un quelconque exercice de diction du style « J’examine cet axiome de Xénophon sur les exigences… » !
C’est plutôt d’écoute qu’il s’agit :
Une des plus grandes sopranos classiques chante à voix douce, avec la chaude tessiture, suave et élégante, de son registre mezzo-soprano, une mélodie jazzy écrite en 1943 par Harry Warren (paroles) et Mack Gordon (musique), arrangée par Alexandre Desplat en 2017 pour devenir une compositions essentielle de la bande son du film de Guillermo del Toro, « The Shape of Water » (La Forme de l’eau).
— So fantastic, so romantic, ce film, , a obtenu le Lion d’Or à la Mostra de Venise en 2017 et 4 Oscars à la 90ème Cérémonie des Oscars, début 2018 (Meilleur Film – Meilleur réalisateur – Meilleurs décors… et – tiens, tiens ! – Meilleure musique)
La belle jeune femme, annéessoixante, qui régale ici, devant son micro, nos yeux et nos oreilles, c’est la tout simplement merveilleuse…
Renée Fleming
« Tu ne sauras jamais… »
You’ll never know Just how much I miss you You’ll never know Just how much I care
And if I tried I still couldn’t hide My love for you You oughta know For haven’t I told you so A million or more times
You went away and my heart went with you I speak your name in my every prayer If there is some other way to prove that I love you I swear, I don’t know how
You’ll never know if you don’t know now
You’ll never know Just how much I miss you You’ll never know Just how much I care
You said goodbye Now stars in the sky Refuse to shine Take it from me, it’s no fun to be alone
With moonlight and memories You went away and my heart went with you I speak your name in my every prayer If there is some other way to prove that I love you I swear, I don’t know how
Rien n’est plus amer que la séparation lorsque l’amour n’a pas diminué de force, et la peine semble bien plus grande que le plaisir qui n’existe plus et dont l’impression est effacée.
Giacomo Casanova – « L’histoire de ma vie »
— ¤ —
L’une reste, l’autre part…
De son amour
chacune un jour
se sépare.
L’une chante, l’autre si peu !
La plus triste des deux
ne chante pas le mieux
son adieu.
Deux voix.
Une même tendresse.
Les grands émois
n’ont pas d’adresse.
Charlotte Gainsbourg : Elle reste et chante… si peu :
— ¤ —
Julia Lezhneva : Elle chante… mais ne reste pas :
MANON
Allons !… il le faut ! Pour lui-même ! Mon pauvre chevalier ! Oh ! Oui, c’est lui que j’aime ! Et pourtant, j’hésite aujourd’hui ! Non ! Non, je ne suis plus digne de lui ! J’entends cette voix qui m’entraîne Contre ma volonté : « Manon, tu seras reine, « Reine par la beauté ! »
Je ne suis que faiblesse et que fragilité ! Ah ! malgré moi je sens couler mes larmes.
Devant ces rêves effacés ! L’avenir aura-t-il les charmes De ces beaux jours déjà passés ? Adieu, notre petite table Qui nous réunit si souvent ! Adieu, notre petite table Si grande pour nous cependant ! On tient, c’est inimaginable, Si peu de place… en se serrant… Adieu, notre petite table ! Un même verre était le nôtre, Chacun de nous, quand il buvait, Y cherchait les lèvres de l’autre… Ah ! Pauvre ami, comme il m’aimait ! Adieu, notre petite table ! Adieu !
Allez ! Il fait froid en cette fin d’après-midi d’automne à Carrickfergus.
N’attendez pas que les vieilles pierres usées du château qu’érigea John de Courcy en 1177, après les invasions normandes, vous protègent encore des embruns fouettés par le vent d’automne.
Laissez à leur victoire sur les troupes d’Elizabeth Ière en 1597, les clans gaéliques qui animèrent avec toute leur fougue la Guerre de Neuf Ans.
Carrickfergus castle – photo by John Tinneny
Oubliez aussi le vain exploit, deux siècles plus tard, de ce capitaine de haut bord, François Thurot, corsaire au service de Louis XV, qui après s’être emparé du château et l’avoir pillé ne tarda pas à être rattrapé par la Royal Navy sous le feu de laquelle il tomba en 1760.
Rejoignez-moi plutôt dans les chaleurs fauves de ce pub irlandais, derrière le port, à quelques pas d’ici. Nous viderons quelques pintes de Guinness ou de Smithwick’s à la gloire de la mélancolie.
Émus, nous écouterons, flottant entre guitare, flûte et violon, cette ancienne et célèbre complainte irlandaise dans laquelle un vieux vagabond nostalgique rêve, avant de mourir, de retrouver sa jeunesse à… Carrickfergus.
— Two more beers please ! We are so sad tonight.
Je voudrais être à Carrickfergus, Seulement pour les nuits à Ballygrant. Je nagerais à travers l’océan le plus profond, Pour retrouver mon amour. Mais la mer est immense et je ne peux la traverser ; Et je n’ai pas non plus d’ailes pour voler. J’aimerais rencontrer un gentil marin Qui m’amènerait mourir aux pieds de mon amour.
De mon enfance reviennent de tristes souvenirs, Et des moments heureux d’il y a si longtemps. Tous mes amis de jeunesse et mes proches Sont maintenant partis, fondus comme neige au soleil. Alors je vais passer mes journées à errer sans fin. L’herbe est douce, mon lit est vide. Ah, revenir maintenant à Carrickfergus, Sur cette longue route vers la mer.
On dit qu’à Kilkenny il est inscrit Sur des pierres de marbre noires comme l’encre, En lettres d’or et d’argent, que je l’ai défendue. Désormais je ne chanterai plus jusqu’à ce qu’on me donne un verre. Car je suis ivre aujourd’hui, mais je suis rarement sobre, Un beau vagabond errant de ville en ville. Ah, mais je suis malade maintenant, mes jours sont comptés, Venez tous, jeunes gens, et allongez-moi.
Si l’on me donnait le choix entre la beauté et la douceur d’une femme, je préfèrerais la seconde, mais que j’aimerais tant avoir l’une et l’autre réunies !
Sylvain Maréchal – Le dictionnaire d’amour (1788)
∴
Oyez, oyez, braves gens,
tendres damoiselles et nobles damoiseaux,
dames de cour et preux chevaliers !
Dans cette modeste chapelle,
pas de chapelet, point de missel.
Des tréteaux pour les baladins,
les chanteurs et les comédiens.
Du rire, de l’amour et des larmes,
des passions et surtout du charme !
Venez entendre la triste histoire,
venez écouter les déboires,
de Cecilia, la soprano
tant éprise de Peppino
si injustement enfermé,
prête à tout pour sauver l’aimé.
Entrez, laissez-vous enchanter
par Francesca Aspromonte !
La Canzone di Cecilia Ensemble « Cappella Mediterranea » dirigé par Leonardo García Alarcón
Extrait de Amore Siciliano enregistré à Ambronay le 12 septembre 2014
« Etta James n’avait qu’à poser sa voix sur une musique pour y imprégner sa marque unique. Une de ces voix puissantes dont le moindre cri ou tremblement n’avait rien d’une prouesse technique, d’un effet recherché : le chant d’Etta James n’était que l’expression d’une vie de souffrance sans cesse surmontée, celui d’une authentique survivante. » Hugo Cassavetti (Télérama – 19/01/2012)
Elle pouvait tout chanter, tout, et bien qu’elle n’eût jamais écrit la moindre parole de ses chansons, on entrait toujours de plain pied dans l’émotion qu’elle voulait nous transmettre… On y entre encore, ô combien ! et de la même manière. Et c’est si bon qu’assurément deux titres c’est vraiment trop peu pour nous combler.
Alors faites comme moi, organisez-vous une soirée Etta James : quelques amis passionnés de musique, une bonne bouteille à partager, cinq ou six coussins moelleux jetés sur la moquette, un bout de canapé pour les moins souples… et surtout une belle pile de CD et de Vinyles. « Enivrez-vous », comme le conseillait Baudelaire, de Jazz, de Soul ou de Blues, à votre guise, mais « Enivrez-vous » de plaisir avec la formidable Etta…!
Attention : dépendance très probable ! D’autres s’y sont fait prendre avant nous : six Grammy Awards et dix-sept Blues Music Awards au cours de sa carrière… A l’évidence, nous ne sommes pas seuls à aimer. Mais qu’importe, on aime !
« Willow weep for me »
Et on aime aussi les fabuleux musiciens qui l’accompagnent dans ce standard du jazz que l’auteure-compositrice Ann Ronell dédia à son idole George Gershwin :
Cedar Walton : Piano et arrangement
Herman Riley : Saxophone Ténor
John Clayton : Bass
Josh Sklair : Guitare
Kraig Kilby : Trombone
Paul Humphrey : Batterie
Ronnie Buttacavoli : Trompette
ƒƒƒƒ
Ô Lord ! Why did you send the darkness to me ? And the shadows forever to be ? Where’s the light I’m longing to see ? Love once met me by the old willow tree. Now you’ve gone and left nothing to me – Nothing but a sweet memory.
Willow weep for me Willow weep for me Bend your branches green along the stream that runs to the sea Listen to my plea Hear me willow and weep for me
Gone my lovers dream Lovely summer dream Gone and left me here to weep my tears into the stream Sad as I can be Hear me willow and weep for me
Whisper to the wind and say that love has sinned Let my heart a-breaking, and making a moan Murmur to the night to hide its starry light So none will see me sighing and crying all alone
Weeping willow tree Weep in sympathy Bend your branches down along the ground and cover me When the shadows fall, hear me willow and weep for me
Oh, Weeping willow tree Weep in sympathy Bend your branches down along the ground and cover me When the shadows fall, hear me willow and weep for me
Claude Monet – Saule pleureur 1919 – Colombus Museum of Art (E-U)
Oh ! Seigneur ! Pourquoi m’as-tu jetée dans les ténèbres ? Et pourquoi me retiens-tu dans l’ombre pour toujours ? Où est la lumière ? – J’ai hâte de la voir. Un jour l’amour m’a rejointe près d’un vieux saule. Maintenant tu m’as abandonnée sans rien me laisser. Rien sauf un doux souvenir.
.
Saule pleure pour moi !
Saule pleure pour moi !
Plie tes vertes branches le long du ruisseau qui coule vers la mer,
Écoute mon appel,
Entends-moi, saule, et pleure pour moi !
.
Partis sont mes rêves d’amoureuse,
Jolis rêves d’été
Partis et m’ayant laissée seule pour verser mes larmes dans le ruisseau.
Je suis si triste,
Entends-moi saule et pleure pour moi !
.
Chuchote dans le vent et dis que l’amour a pêché.
Laisse mon cœur brisé à ses gémissements,
Murmure dans la nuit pour cacher sa lumière étoilée,
Pour qu’aucun ne le surprenne seul dans sa peine et sa douleur.
.
Saule pleureur
Pleure en sympathie
Plie tes branches jusqu’au sol et recouvre-moi.
Quand les ombres tomberont, entends-moi saule et pleure pour moi !
.
Oh, Saule pleureur
Pleure en sympathie
Plie tes branches jusqu’au sol et recouvre moi
Quand les ombres tomberont, entends-moi saule et pleure pour moi !
Un jour, dans tes yeux Je verrais de la poésie, le regard implorant
De Rio à Paris, avec Jeanne Moreau et Maria Bethania, un bien beau voyage poétique de fin d’été dans les yeux d’une bienaimée…
Saudade ! Saudade !
Poema Dos Olhos da Amada
Ó minha amada, que olhos os teus São cais noturnos, cheios de adeus São docas mansas, trilhando luzes Que brilham longe, longe dos breus
Ó minha amada, que olhos os teus Quanto mistério nos olhos teus Quantos saveiros, quantos navios Quantos naufrágios nos olhos teus
Ó minha amada de olhos ateus Quem dera um dia quisesse Deus Eu visse um dia o olhar mendigo Da poesia nos olhos teus
Vinicius de Moraes (Rio de Janeiro 1913-1980)
Poème des yeux de la bienaimée
Ô bien-aimée, quels yeux tes yeux ! Embarcadères la nuit, bruissant de mille adieux Des digues silencieuses, qui guettent les lumières Loin ! si loin dans le noir
Ô bien-aimée, quels yeux tes yeux ! Tous ces mystères dans tes yeux Tous ces navires, tous ces voiliers Tous ces naufrages dans tes yeux
Ô ma bien-aimée aux yeux païens Un jour, si Dieu voulait Un jour, dans tes yeux Je verrais de la poésie, le regard implorant
Dvoràk – Symphonie N°9 – (extrait du 2ème mouvement Largo)
Philharmonique de Berlin – 10 juin 2012 – Direction Mariss Jansons
Cor anglais : Dominik Wollenweber
Ah, la voilà donc retrouvée notre mélodie !
Née sous la plume ô combien savante d’un musicien européen des plus classiques, déjà auréolé de la formidable renommée de ses abondantes compositions, symphoniques ou concertantes, de musique sacrée, d’opéras ou de musique de chambre. Incontestablement destinée à la salle de concert, elle s’empresse de quitter les ors et la pourpre des théâtres prestigieux pour se faufiler à travers les rues de New York où les Negro spirituals ne tardent pas à l’adopter avant qu’elle continue de parcourir le monde, véhiculée par les genres musicaux les plus divers.
Le Largo, avec son solo de cor anglais obsédant est l’épanchement de la propre nostalgie de Dvorák à l’égard de son pays, avec quelque chose de la solitude des horizons lointains des prairies, du nébuleux souvenir des jours révolus de l’homme rouge et un sentiment de la tragédie de l’homme noir comme il la chante dans ses « spirituals« .
William Arms Fisher (1861-1948)
C’est en ces termes que William Arms Fisher, un élève de Dvorák, définissait notre fameux Largo. Très influencé par la croyance de Dvorák (subversive à l’époque) selon laquelle la musique afro-américaine constituerait les nouveaux fondements de la future musique du nouveau monde, il a beaucoup contribué à la diffusion du folklore afro-américain, en version originale ou arrangé par ses soins.
Ainsi donc, en arrangeant et adaptant le thème du deuxième mouvement sur des paroles qu’il a lui-même écrites, il a offert à cette mélodie sa tenue de ville avec laquelle, sous le titre de « Goin’ home », elle est allé sillonner les cœurs de tous les continents.
Le jazz aussi a fait de ces quelques notes mélancoliques un de ses standards. Et quand on écoute improviser sur ce thème, le très regretté bassiste Charlie Haden et son complice le pianiste Hank Jones, il ne faut pas s’étonner que son « chez soi » perdu s’embrume un peu au fil des souvenirs.
∞
On a beaucoup dit et écrit à l’époque — et surtout les journalistes américains particulièrement chauvins — que Dvoràk avait puisé les nombreux thèmes de sa symphonie dans la musique folklorique américaine. Mais comme le compositeur tchèque l’affirmait lui-même, s’il a, certes, accordé le plus grand intérêt au folklore amérindien ou afro-américain, il n’en a jamais utilisé les mélodies. Il a composé ses propres thèmes originaux, d’essence profondément européenne, auxquels il a insufflé ce supplément d’âme qu’il a perçu dans les musiques de son pays d’accueil.
Lower Manhattan 1910 – Photo par Alfred Stieglitz
Alors, non, Messieurs les censeurs — s’il en reste encore — pas d’imposture, simplement du génie ! Et s’il vous faut le cachet de sérieux exégètes de l’histoire de la musique américaine, référez-vous, je vous prie, entre autres analyses, à celles de Léonard Bernstein (The Infinite Variety of Music) ou aux commentaires de Roger Lee Hall (Directeur du Center for American Music Preservation).
∞
Voilà donc le riche itinéraire du Largo du deuxième mouvement de la Symphonie du Nouveau Monde : une mélodie élégiaque imprégnée des senteurs des forêts de Bohème, mâtinée de la sueur âcre des esclaves cueilleurs de coton, saupoudrée de bribes des légendes indiennes du Wisconsin ou du Minnesota qui peuplent la poésie de Henry Wadsworth Longfellow, écrite à New York sur un papier à musique sans doute acheté dans une boutique de la First avenue à Manhattan, et enfin langoureusement chuchotée au public choisi d’une illustre salle de concert d’où elle ne tarde pas à s’échapper pour devenir une sorte d’hymne à la liberté (mi-profane, mi-sacré) qui semble si naturellement s’élever des tréfonds de l’âme noire-américaine ?
… Mélodie caméléon qui finirait bien par nous faire croire qu’elle vient de là où on la chante…
Paul Robeson (basse) – Carnegie Hall de New York, le 9 mai 1958 :
Goin’ home, goin’ home, I’m jes’ goin’ home ; Quiet-like, some still day, I’m jes’ goin’ home. It’s not far, jes’ close by, Through an open door ; Work all done, care laid by, Goin’ to fear no more. Mother’s there ‘spectin’ me, Father’s waitin’ too ; Lots o’ folk gather’d there, All the friends I knew, All the friends I knew. Home, I’m goin’ home !
Nothin lost, all’s gain, No more fret nor pain, No more stumblin’ on the way, No more longin’ for the day, Goin’ to roam no more ! Mornin’ star lights the way, Res’less dream all done ; Shadows gone, break o’ day, Real life jes’ begun. There’s no break, there’s no end, Jes’ a livin’ on ; Wide awake, with a smile Goin’ on and on.
Même à la lueur des feux de Bengale, le bagne est toujours le bagne, et la musique qu’entend de loin un homme certain de ne jamais revoir son pays ne suscite en lui qu’une noire tristesse.
Anton Tchékhov – l’île de Sakhaline (Gallimard – Folio Classique)
Étrange écho de Negro spirituals dans ces mots de l’écrivain russe Anton Tchekhov ! Et pourtant, ce ne sont pas les chants nostalgiques afro-américains qui les ont inspirés, mais les sinistres silences adipeux des bagnards maudits de l’île de Sakhaline, au large de la Sibérie. Là où « les gens erraient comme des ombres et se taisaient comme des ombres ».
Antonín Leopold Dvořák (1841-1904)
Alors qu’en ce début des années 1890 Tchékhov est tout à la rédaction de « L’île de Sakhaline », le compositeur tchèque célèbre, Antonin Dvorák, s’apprête à embarquer pour New York, décidé à occuper le poste de directeur du Conservatoire National de musique, conformément à l’invitation appuyée que lui ont adressée les américains, fervents admirateurs de son œuvre.
— L’histoire ne nous a pas appris que les deux artistes eurent quelqu’occasion de se rencontrer…
1893. Antonin Dvorák est installé à Manhattan depuis un an. Particulièrement motivé par l’ambitieux projet que lui proposent ses hôtes américains : fonder une musique nationale pour ce jeune pays, les États Unis, il a composé une symphonie, sa neuvième, à laquelle il donne d’abord le juste titre de « Symphonie depuis le Nouveau Monde » avant qu’elle ne finisse par s’appeler « Symphonie du Nouveau Monde ». Le 15 décembre, elle est au programme du New York Philharmonic Orchestra au Carnegie Hall, pour sa toute première exécution.
Qui aurait pu imaginer que l’œuvre connaisse un succès populaire aussi grand à travers le monde, jusqu’à nos jours encore, au point de servir de source d’inspiration et d’illustration musicales à mille et une productions allant du générique d’émission télévisée à la sonorisation de jeux vidéos en passant par les transcriptions les plus diverses dans les univers musicaux les plus variés, sans compter les innombrables reprises des thèmes mélodiques d’un mouvement ou d’un autre dans les musiques de films ou les compositions populaires contemporaines ?
Et, à l’origine de cette pléiade de succès, faisant office de catalyseur, « Goin’ home » !
Tout commence donc ainsi :
— S’il vous plaît, Maestro !
— Et j’entends déjà, dès les premières mesures… « Bon sang ! Mais c’est bien sûr !…La Symphonie du Nouveau Monde ! »
Dvoràk – Symphonie N°9 (début du 1er mouvement)
Philharmonique de Berlin dirigé par Claudio Abbado
Théâtre Massimo de Palerme – 1er Mai 2002
Difficile, il est vrai, de trouver quelque parenté musicale entre le dynamisme de cette cavalcade effrénée de l’orchestre à travers les grands espaces et la douceur élégiaque d’un chant du retour entonné par la voix envoûtante de Paul Robeson !
Mais le décor est planté : La neuvième de Dvorák !
Glissons-nous dans le deuxième mouvement et sans bouder notre plaisir, laissons-nous emporter par la douce vague mélancolique du premier thème, Largo, sur laquelle surfe, en Ré bémol majeur, avec délice et grâce, le cor anglais !…
L’usage et les conventions veulent que le début de l’année soit LA période des grandes résolutions. Ces fameux engagements importantissimes que l’on prend avec soi-même, et avec détermination, pour se prouver douze mois plus tard que l’on a été assez fort et assez libre pour ne pas s’être laissé dominer par leur dictature. N’est-ce pas ?
Non conformiste, je préfère les résolutions de printemps. C’est aussi un commencement, après tout ! Et pour ne pas bousculer ma piètre volonté vis à vis de laquelle j’ai décidé d’appliquer la plus grande clémence, j’ai préféré limiter ma « todo list » à une seule proposition. Simple, naturelle, éprouvée… et tellement agréable que la suivre n’est qu’une merveilleuse exaltation !
Quand vous la connaîtrez, je gage que vous l’adopterez aussi.
Allez « Let’s do it ! Let’s fall in love ! »
Louis Armstrong – Composition de Cole Porter (1928) – Audio
When the little bluebird Who has never said a word Starts to sing « Spring – Spring » When the little bluebell At the bottom of the dell Starts to ring « Ding – Ding » When the little blue clerk In the middle of his work Starts a tune to the moon up above It is nature that is all Simply telling us to fall in love…
And that’s why :
Birds do it, bees do it Even educated fleas do it Let’s do it, let’s fall in love
In Spain, the best upper sets do it Lithuanians and Letts do it Let’s do it, let’s fall in love
The Dutch in old Amsterdam do it Not to mention the Finns Folks in Siam do it – think of Siamese twins
Some Argentines, without means, do it People say in Boston even beans do it Let’s do it, let’s fall in love
Romantic sponges, they say, do it Oysters down in Oyster Bay do it Let’s do it, let’s fall in love
Cold Cape Cod clams, ‘gainst their wish, do it Even lazy jellyfish, do it Let’s do it, let’s fall in love
Electric eels I might add do it Though it shocks ’em I know Why ask if shad do it – Waiter bring me « shad roe »
In shallow shoals English soles do it Goldfish in the privacy of bowls do it Let’s do it, let’s fall in love…
Dragonflies in the reeds do it, Sentimental centipedes do it, Let’s do it, let’s fall in love !
……
Mosquitoes, heaven forbid, do it, So does every katydid do it, Let’s do it, let’s fall in love !
.
The most refined ladybugs do it, When a gentleman calls, Moths in your rugs do it, What’s the use of moth balls ?
Locusts in trees do it, Bees do it, Even overeducated fleas do it, Let’s do it, let’s fall in love !
The chimpanzees in the zoos do it, Some courageous kangaroos do it, Let’s do it, let’s fall in love !
I’m sure the giraffes on the sly do it
Heavy hippopotami do it
Let’s do it, let’s fall in love !
Sloths who hang down from the twigs do it, Though the effort is great Sweet guinea pigs do it, Buy a couple and wait !
The world admits bears in the pits do it, Even Pekingeses in the Ritz do it, Let’s do it, let’s fall in love !
♥ ♥ ♥
Et si avec la traduction, vous préférez une voix plus douce… O combien !
Ella Fitzgerald et l’Orchestre de Duke Ellington (1956) – Audio
Quand le petit oiseau bleu Qui n’a jamais dit un mot Commence à chanter : « Printemps – Printemps »
Quand la petite cloche bleue Au fond de la combe Commence à sonner « Ding – Ding »
Quand le petit employé de bureau bleu, Au milieu de son travail, Entonne une mélodie à la lune au-dessus de lui
C’est la nature qui est tout, Et qui nous invite simplement à tomber amoureux.
Et c’est pourquoi…
Les oiseaux le font, les abeilles le font ! Même les puces savantes le font ! Alors faisons-le, tombons amoureux !
En Espagne, les plus hauts seigneurs le font, Les Lituaniens et les Lettons le font, Faisons-le, tombons amoureux !
…..
Les Hollandais dans le vieil Amsterdam le font, Inutile de mentionner les Finnois, Tous au Siam le font – pensez aux jumeaux siamois !
….
Certains Argentins, sans le savoir, le font ! On dit que les haricots de Boston le font ! Faisons-le, tombons amoureux !
….
Les éponges romantiques, dit-on, le font, Les huîtres, au fond d’Oyster Bay, le font, Faisons-le, tombons amoureux !
…
Les palourdes du froid Cape Cod, malgré elles, le font, Même les méduses paresseuses le font, Faisons-le, tombons amoureux !
Les anguilles électriques, dois-je ajouter, le font,
Même si ça les choque, je le sais,
Pourquoi demander si l’alose le fait ? – le serveur m’en apporte les « œufs » !
Dans les bas-fonds les bancs de soles anglaises le font, Les poissons rouges dans l’intimité de leur bocal le font, Faisons-le, tombons amoureux !
….
Les libellules des roseaux le font, Les mille-pattes sentimentaux le font, Faisons-le, tombons amoureux !
…
Les moustiques, privés du paradis, le font, Ainsi que chaque cricket, Faisons-le, tombons amoureux !
Les coccinelles les plus raffinées le font Quand un gentleman appelle, Les mites de vos tapis le font, – A quoi servent les boules anti-mites ?
Les sauterelles dans les arbres le font, Les abeilles le font, Même les puces super dressées le font, Faisons-le, tombons amoureux !
Les Chimpanzés dans les zoos le font, Quelques courageux Kangourous le font, Faisons-le, tombons amoureux !
…
Je suis sûr que les girafes, en douce, le font, Les lourds hippopotames le font, Faisons-le, tombons amoureux !
Les paresseux pendus aux branches le font, Même si l’effort est énorme, les doux cobayes le font, Achetez-en un couple et attendez !
Tous admettent que les ours dans les fossés le font, Même les pékinois du Ritz le font, Alors faisons-le, tombons amoureux !