Chante ! O chante !

Elle viendra – 28 – « Une pincée de cendres »

Arnold Böcklin (1827-1901) – Villa au bord de mer – 1878

Pierre Gabriel fut un poète discret qui, né à Bordeaux en 1926, vécut dans le Gers à Condom où il exerçait la profession de distillateur. Il ne fréquenta pas les cénacles, se rendit rarement à Paris, mais, fidèle à un esprit artisanal, publia des années durant une revue de poésie qu’il imprimait sur sa presse à bras : Haut Pays.

Elle viendra – 27 – Suicidaire

La mort est notre meilleure amie.

Zdzisław Beksiński – Pologne 1929-2005

Rencontre en ville

Charles Bukowski 1920-1994 / Joni Mitchell (82 ans)

Par l’habile croisement de deux poèmes empruntés chacun à ces artistes de légende, la chanteuse dano-américaine – et très argentine – Annelise Skovmand* établit un dialogue harmonieux aussi inattendu qu’attachant entre les deux auteurs.

Dans cet échange artistique délicatement souligné par la guitare de Pablo Gonzalez Jazey*, la rugosité de Bukowski et la lucidité de Joni Mitchell partagent une même urgence : capturer la solitude viscérale de l’individu au cœur de la mégapole moderne. Tous les deux, l’un par la gouaille désabusée de la poésie urbaine, l’autre par la grâce mélancolique de la chanson folk, dressent un portrait sans fard des rouages mécaniques de la ville, transformant l’aliénation quotidienne en un espace de résistance poétique et de vérité nue.

En intercalant habilement la chanson « Nathan La Franeer » de Joni Mitchell dans le poème de Charles Bukowski, « A poem is a city », notre soprano donne corps à cette confrontation délicate entre la sensibilité poétique et la froideur implacable d’un environnement urbain écrasant.
Une voix, une diction, une interprétation, une chaude musicalité, à nous faire aimer (presque) les épouvantables tumultes des villes…

Fulgurances – LIX – La palissade

‘ L’ouvrage des jours ‘

Le beau c’est la splendeur du vrai. (Platon)

Claude Monet – Les Nymphéas

Le 2 juin dernier, Barbara Auzou publiait sur son blog, ‘Lire dit-elle’, cette petite miniature poétique, « L’ouvrage des jours ». Après m’en être délecté une bonne dizaine de fois jusqu’à « m’approprier » ce poème, je finissais par lui adresser ce commentaire tout à la fois badin et sincère :

S’il te plaît, Barbara, dis que ces mots sont de moi ! Plaisanterie ! j’aimerais tellement les avoir écrits… Mais, les dire, ça je le pourrais… Avec ton accord je le ferai sans doute bientôt.

Alors avec son accord (pour le plaisir, une fois de plus)…

La beauté : Points de vue

Est beau tout ce qui s’éloigne de nous, après nous avoir frôlés.

On ne quitte jamais vraiment les douceurs de l’enfance quand on lit Christian Bobin. C’est donc bien à nous qu’il s’adresse quand il prétend destiner à un enfant sa vision poétique de la beauté.
Nous nous en réjouissons.

En écho à ces quelques phrases, un point de vue, plus prosaïque certes mais pas moins sincère, le mien, exceptionnellement… et sans prétention. Je veux croire que Christian Bobin depuis le royaume des anges, dans sa légendaire générosité, ne me fera pas reproche de mon audace.

Fulgurances – LVIII – ‘Au soleil’

Georges de La Tour : Souffleur à la pipe – 1646

Elle viendra – 26 – Et le chat ?…

L’humour et la mort se marient si parfaitement que la poésie, en les bénissant, fait une révérence sublime à l’absurde.

Chez la célèbre lauréate du Prix Nobel de Littérature 1996, cette politesse singulière n’est jamais une dérision pour le simple attrait d’un sourire, mais une forme élégante de lucidité salvatrice offerte à chacun.
Ainsi dans son œuvre poétique gravité et légèreté se rejoignent-elles pour saluer l’indiscutable évidence avec autant d’émerveillement que d’ironie.

Jalousie bien légitime, la musique tenait d’autant plus à prendre sa part de cet humour félin que disparaissait il y a quelques semaines à peine la plus délicieuse et la plus française des chanteuses britanniques, Dame Felicity Lott.

Elle miaule ici, aux ‘BBC Prom’s 1996’, en compagnie de la soprano canadienne Ann Murray, l’inoubliable « Duo des chats » de Gioacchino Rossini.

Un moment exceptionnel où le talent, l’humour et l’enthousiasme font un joli pied-de-nez à la grande faucheuse…

‘ Le cultivateur ‘

Jean-François Millet – Le semeur (1865)

Hôtel des voyageurs

Edward Hopper – Hotel lobby (1943)

Fulgurances – LVII – Complice

Michel-Ange – Atlas esclave

« El cómplice »
mis en musique et en voix par
Vicente Monera

Parlez-moi d’amour – 16 – Reviens !

Marc Chagall – Amants au ciel rouge

Mais vieillir… ! – 35 – Pénombre

Mes extases – 6/ Paul Eluard

Valentine Hugo – Portrait de Nusch Eluard
Nusch Eluard photographiée par Dora Maar