Fulgurances – LVIII – ‘Au soleil’

Georges de La Tour : Souffleur à la pipe – 1646

Elle viendra – 26 – Et le chat ?…

L’humour et la mort se marient si parfaitement que la poésie, en les bénissant, fait une révérence sublime à l’absurde.

Chez la célèbre lauréate du Prix Nobel de Littérature 1996, cette politesse singulière n’est jamais une dérision pour le simple attrait d’un sourire, mais une forme élégante de lucidité salvatrice offerte à chacun.
Ainsi dans son œuvre poétique gravité et légèreté se rejoignent-elles pour saluer l’indiscutable évidence avec autant d’émerveillement que d’ironie.

Jalousie bien légitime, la musique tenait d’autant plus à prendre sa part de cet humour félin que disparaissait il y a quelques semaines à peine la plus délicieuse et la plus française des chanteuses britanniques, Dame Felicity Lott.

Elle miaule ici, aux ‘BBC Prom’s 1996’, en compagnie de la soprano canadienne Ann Murray, l’inoubliable « Duo des chats » de Gioacchino Rossini.

Un moment exceptionnel où le talent, l’humour et l’enthousiasme font un joli pied-de-nez à la grande faucheuse…

‘ Le cultivateur ‘

Jean-François Millet – Le semeur (1865)

Hôtel des voyageurs

Edward Hopper – Hotel lobby (1943)

Fulgurances – LVII – Complice

Michel-Ange – Atlas esclave

« El cómplice »
mis en musique et en voix par
Vicente Monera

Parlez-moi d’amour – 16 – Reviens !

Marc Chagall – Amants au ciel rouge

Mais vieillir… ! – 35 – Pénombre

Mes extases – 6/ Paul Eluard

Valentine Hugo – Portrait de Nusch Eluard
Nusch Eluard photographiée par Dora Maar

Mes extases – 5/ Jean Lahor

Louis Veray – « Moissonneuse endormie » – 1855

Musique : Reynaldo Hahn
Didier Henry (baryton)
Stéphane Petitjean (piano)
« Nocturne »

Mes extases– 4/ Anna de Noailles

William Bouguereau – « Aurore » – 1881

Mes extases – 3/ Paul Verlaine

De la musique avant toute chose

Claude Monet« Peupliers sur les rives de l’Epte, effet du soir »– 1891

Musique de Claude Debussy
Siobhan Stagg (soprano) Kunal Lahiry (piano)

Musique de Gabriel Fauré
Gérard Souzay (baryton) Dalton Baldwin (piano)

Mes extases – 2/ Albert Samain

Alexander Frenz – « Le Printemps embrassant la Terre » – 1894

Mes extases – 0/ Avant-propos

Bernardo Cavallino Extase de Sainte-Cécile – 1645

Tel est le paradoxe d’une des plus extravagantes expériences humaines, l’extase, qui projetant l’homme hors de lui-même lui révèle le plus intime de son être. Qu’elle soit souffle mystique, fulgurance de l’esprit ou frisson de la chair, elle brise ses limites pour le projeter dans l’absolu. Explorer ses manifestations — de la béatitude céleste à l’apothéose terrestre, de la perception de l’harmonie ultime au cri déchiré de l’orgasme — c’est traquer cet instant sacré où le moi s’efface, laissant l’humain toucher enfin ce qui le dépasse.
Quel que soit le terreau, mystique, philosophique, esthétique ou charnel, dans lequel elle plonge ses racines, c’est bien souvent à travers la pertinence de la parole poétique que l’extase trouve le juste vecteur de son expression la plus sensible. Une musique, parfois, habille le vers, d’un voile.

Mes extases – 1/ Victor Hugo : « Extase »

Elsa Dreisig (soprano) chante « Extase »
Musique composée par Amy Beach (1867-1944)
Orchestre du Théâtre Carlo Felice de Gènes
Direction Massimo Zanetti


Partir !… Fuir !… Rêver !

Fulgurances – LVI – Le mot… Le chemin

Un mot, n’importe lequel, se présente comme un faisceau de sens, au lieu de se concentrer en un point donné, se projette dans diverses directions. En prononçant « soleil », nous effectuons une sorte de voyage immense dont nous avons une telle habitude que nous le parcourons comme en rêve.

Ce qui distingue la poésie de la parole machinale, c’est que la poésie justement nous réveille, nous secoue en plein milieu du mot. Ce dernier se révèle alors à nous d’une étendue bien plus vaste que nous ne l’imaginions, et nous nous souvenons soudain que parler veut dire : se trouver toujours en chemin.