
– Sérénade pour orchestre à cordes en mi mineur, op. 20 –
En témoigne ce portrait du grand musicien anglais, ce n’est pas avec le compositeur de la maturité, reconnu et anobli , père des grandes symphonies, des « Variations Enigma » ou du célébrissime « Pump and circumstances » que le rendez-vous est pris.

Edward Elgar 1857 – 1934
C’est plutôt avec le jeune compositeur de 35 ans qui a quitté depuis une dizaine d’années le cabinet d’avocat qui l’employait pour se consacrer à sa passion, la musique, et qui, pour la première fois, admet qu’une de ses compositions est digne d’intérêt : sa « Sérénade pour cordes ».
Bien que datée de 1892, la partition de cette très attachante pièce pour ensemble à cordes, cette perle musicale, regroupe en réalité et unifie quelques miniatures diverses écrites plusieurs années auparavant. Ce n’est qu’à l’été 1896 que sera donnée, en Belgique, une exécution publique de l’œuvre définitive.

Ni sa durée modeste, largement plus réduite (une douzaine de minutes au lieu de trente) que celles, références du genre, de Dvorák (1880) ou Tchaïkovski (1876), ni le caractère plus intime que celui de ses illustres aînées, n’auront privé cette « Sérénade » de la place éminente qu’elle occupe aujourd’hui, bien légitimement, dans ce répertoire.
Elle s’inscrit naturellement dans la tradition des cordes anglaises – natif de Worcester, Elgar était violoniste.
En filigrane du doucereux paysage crépusculaire qu’elle suggère, son écriture fluide et raffinée affiche cependant, à travers un discret mais indéniable lyrisme, l’expression d’une profonde sensibilité personnelle partagée entre fraîcheur et maturité.
Derrière l’élégance pastorale « very british » de cette sérénade, une pointe de mélancolie, dernier salut au romantisme.
Autant de délicatesses que tissent et transmettent fidèlement par leur interprétation les musiciens de l’excellent
Norwegian Chamber Orchestra
– Sérénade pour orchestre à cordes en mi mineur – op. 20 –
Edward Elgar
Trois mouvements :
I/ Allegro piacevole (mi mineur) :
Ce premier mouvement, ouvert par quelques motifs sautés aux altos, lance une mélodie printanière, dansante malgré le soupçon de nostalgie qu'elle infuse. Elgar l'utilisera comme fil conducteur de la "Sérénade".
II/ Larghetto (ut majeur) :
Poignante et sensuelle, la mélodie libère un noble élan lyrique que soutiennent les harmonies chaudes qui se développent en vagues amples à travers ce mouvement. Une préfiguration de la profondeur des épanouissements symphoniques qui feront les belles heures des œuvres à venir.
III/ Allegretto (mi mineur / mi majeur) :
Retour à l'atmosphère légère et souriante du début. Le thème initial également revient chanter son humeur printanière. La pièce s'éteint dans l'apaisement final d'un profond pianissimo choral.




















