Positive attitude

Marianela Nunez – « Nela » (film de Andy Margetson )

C’est décidé ! Je vais, à mon tour, (pourquoi pas ?) vous donner quelques conseils – très simples, évidemment – pour surmonter positivement les peines de votre confinement :

– Commencez par vider votre garage. Complètement. Plus de voiture, certes, mais tout le reste doit disparaître (l’établi, la caisse à outils, la tondeuse à gazon, la trottinette de votre cadette, les vélos, la table de tante Amélie destinée au prochain vide-grenier, etc…). Tout !

– Installez sur les murs tous les spots électriques que vous trouverez dans la maison.

– Réquisitionnez, sans prêter attention aux manifestations de votre aîné, la « Go-Pro » avec laquelle il filme ses fameuses cascades en « skate-board » qui vous énervent tant. Ce sont vos performances qu’elle enregistrera pour la circonstance.

– Buvez un grand verre d’eau et enfilez votre body.

– Sur votre application musicale favorite lancez le titre de Nina Simone, « Feeling good ». Positif, non ? Montez le son à fond !

Et voilà, c’est à vous. Dansez, dansez, dansez…!

Je suis sûr que vous vous sentirez bien… Bien courbatue…

Si le film de votre prestation ressemble, peu ou prou, au modèle que je vous ai choisi, n’hésitez pas à l’envoyer sans tarder aux directeurs artistiques des plus grands ballets du monde. Je vous garantis une carrière internationale de danseuse étoile dans les plus brefs délais…

Vous en rêvez, n’est-ce pas ? Et ça, c’est positif ! 😉

All the best !

P.S. L’immense Marianela Nunez a commencé, dans son jeune âge, ses premiers exercices de danse dans le modeste garage familial, faute de mieux.

* * *

Birds flying high, you know how I feel
Sun in the sky, you know how I feel
Breeze driftin’ on by, you know how I feel

It’s a new dawn

It’s a new day
It’s a new life for me, yeah
It’s a new dawn
And I’m feeling good

I’m feeling good !

Les oiseaux volent haut, tu sais ce que je ressens
Le soleil dans le ciel, tu sais ce que je ressens
La brise caresse mon visage, tu sais ce que je ressens

C’est une nouvelle aube
C’est un nouveau jour
C’est une nouvelle vie pour moi, oui
C’est une nouvelle aube
C’est un nouveau jour
C’est une nouvelle vie pour moi, oh
Et je me sens bien

Les poissons dans la mer, tu sais ce que je ressens
La rivière coule librement, tu sais ce que je ressens
Les arbres en fleurs, tu sais ce que je ressens

C’est une nouvelle aube
C’est un nouveau jour
C’est une nouvelle vie pour moi

Et je me sens bien

Une libellule au soleil, tu sais ce que je veux dire, n’est-ce pas ?
Les papillons s’amusent tous, tu sais ce que je veux dire
Dormir en paix une fois la journée finie, c’est ça que je veux dire
Et ce vieux monde est un nouveau monde
Et un monde audacieux, à mes yeux

Des étoiles quand tu brilles, tu sais ce que je ressens
L’odeur des pins, tu sais ce que je ressens
Oh, la liberté m’appartient
Et je sais ce que je ressens

C’est un nouveau rêve

C’est un nouveau jour
C’est une nouvelle vie pour moi

Je me sens bien !

Confinés… passionnément

Plus je la connaissais, plus je découvrais en elle de nouvelles qualités aimables. Son esprit, son cœur, sa douceur et sa beauté formaient une chaîne si forte et si charmante, que j’aurais mis tout mon bonheur à n’en sortir jamais.

Pendant ce temps-là, notre mauvais génie travaillait à nous perdre. Nous étions dans le délire du plaisir, et le glaive était suspendu sur nos têtes.

Abbé Prévost – Manon Lescaut

Pendant les quelques semaines qui suivent leur première rencontre foudroyante dans cette sordide auberge où ni l’une ni l’autre n’auraient dû se trouver, les deux jeunes amants choisissent de se cloîtrer dans l’appartement parisien que loue Des Grieux pour abriter la passion naissante qu’il partage avec la charmante et volage Manon.
 Le jeune couple, qui vient d’abandonner le fou projet d’un mariage, s’active à « frauder les droits de l’Église » de la plus belle des manières…

De la plus belle des manières chorégraphiques, ainsi qu’en 1974 Kenneth MacMillan, alors directeur artistique du Royal Ballet de Londres, avait écrit et monté pour la première fois ce joyau emblématique de la danse classique :

Marianela Nuñez (Manon) et Federico Bonelli (Des Grieux) partagent ce confinement aussi passionné qu’aérien sur la scène du Royal Opera House :

Est-il instant plus pathétique que celui qui enferme dans la furtive extase d’un baiser d’amour le sourire de la grâce et la noblesse des corps ?

2020 au rythme du bonheur !

Carl Fredrik Reuterswaerd (sculpteur – 1934-2016)

Meilleurs Vœux pour 2020 !

Puissiez-vous tous, dans 366 jours, à l’heure du bilan, puiser dans les reflets de ce petit joyau extrait du film de Vincente Minnelli, « Un américain à Paris » (1951), les épithètes qui qualifieront votre année 2020 alors finissante !

Ainsi aura-t-elle été telle que je vous la souhaite :

souriante…    fleurie…     gaie…     talentueuse…     sympathique…
lumineuse…     pleine d’énergie…     harmonieuse…
tonifiante…     joyeuse…     légère…     optimiste…     généreuse…

… Heureuse, tout simplement !

Trouvez le rythme,
Chantez la musique,
Partagez l’amour !
Que demander de plus ?

« I got rythm » (composition de George Gershwin) – Gene Kelly

I got rhythm,
I got music
I got my gal,
who can ask for anything more?

Happy New Year !

May you all, in 366 days, at the time of the review, draw on the reflections of this little jewel taken from Vincente Minnelli’s film, « An American in Paris » (1951), the epithets that will qualify your 2020 year coming to an end!

Thus it will have been as I wish it to you:

smiling…. flowering… cheerful…. talented…. friendly…
luminous…. full of energy… harmonious…
tonifying…. cheerful… light…. optimistic… generous…

… Simply happy!

Get rhythm…
Get music…
Get love!
Who could ask for anything more?

Deux poupées sous le sapin…

Une poupée au pied du sapin. Formidable ! Mais deux !…
Une qui chante, et l’autre qui danse. Le comble du bonheur !
Merci cher Père Noël pour autant de générosité !
Avoir gardé si longtemps son âme d’enfant – élégant euphémisme pour « retomber en enfance » – mérite bien double récompense après tout.

Il ne me reste plus, comme le font tous les enfants, qu’à mettre en scène, sans tarder, mes histoires d’amour avec mes deux marionnettes.
Je vais m’inventer avec chacune d’elles une aventure que personne n’aura imaginée avant moi. – Hé ! Pas de mauvaise interprétation, je vous prie ! Don Juan est déjà mort depuis longtemps, à mon âge…

Si j’appelais celle qui chante Olympia ?
… Et celle qui danse Coppélia ? – Original, non ?

Alors on dirait d’abord… par exemple, qu’Olympia est la « fille » d’un certain Docteur Spalanzani, alchimiste aussi malicieux qu’ingénieux.
Qu’à l’occasion d’une soirée un peu arrosée, le fameux docteur me la présente, non sans m’avoir fait chausser auparavant de bien particulières lunettes. Si la conversation de la jeune fille n’a, certes, rien de fascinant, sa beauté m’éblouit ; et je ne tarde pas à être sous le charme de ses vocalises suraigües.
Me voilà amoureux.

L’écouter c’est l’aimer. Assurément ! La preuve !

Mais voilà, les lunettes auront servi à créer l’illusion, la belle jeune fille n’était qu’une poupée. Et moi un grand naïf.

Mais ne vous méprenez pas ! Si vous pensez à l’Olympia qui fit un jour tourner la tête du poète Hoffmann dont Offenbach se plaît à nous raconter l’histoire, soyez certains que ce n’est là qu’une incroyable coïncidence…
Car mon Olympia à moi n’est pas cassée en mille morceaux, elle chante encore au pied de mon sapin.

« Les oiseaux dans la charmille » (« Les Contes d’Hoffmann »)
Maria Aleida
(soprano)

∴  ∴  ∴

De celle qui danse, que j’ai nommée Coppélia, on dirait que c’est ma propre « fille ».
Je serais ainsi le vieux Coppélius, fabriquant d’automates et n’aurais qu’un seul désir, donner la vie à ma créature, la doter d’une âme.
J’aurais, à cet effet, décidé d’utiliser le flux vital de ce jeune curieux, Frantz, qui se serait introduit chez moi et que j’aurais endormi.
Oh ! Joie ! Mon stratagème magique marcherait. Ma Coppélia s’animerait enfin… Voyez comme on danse !

Sauf que je ne tarderais pas à apprendre la supercherie : Swanilda, la fiancée jalouse du jeune Frantz, aurait pris la place de ma poupée chérie.

Inutile, bien sûr, de vous préciser que mon histoire n’a rien à voir avec un célèbre ballet classique où la pauvre Coppélia, ayant subi la colère de Swanilda, rejoint, brisée, en pièces détachées, l’atelier du brave Coppélius.
Regardez, assise au pied de mon sapin, ma Coppélia se repose.
Sa jambe ne vient-elle pas de bouger ?

« Coppélia » (Ballet – Acte II) – Carlos Acosta et Leanne Benjamin

∴  ∴  ∴

C’est bon de croire encore au Père Noël, si tard dans la vie ; ça développe l’imagination, n’est-ce pas ? Surtout un 25 décembre… quand est permis le mensonge enchanté.

Joyeux  Noël  à  tous !

Merry Christmas !

Nuit d’excès – Banalité du jour

I/ Nuit d’excès

Seule une débauche désordonnée me donne un appréciable plaisir. — Georges Bataille – « Ma mère »

Côtoyer l’excès pour trouver la liberté. — Marquis de Sade


Trop discrète ? Trop pudique ? Intimidée sans doute ?
Encore sous l’emprise des vieux tabous de l’éducation bourgeoise d’un autre siècle ? Victime du regain de puritanisme de nos temps trop modernes ?
Maîtresse en l’art de l’hypocrisie…? Dissimulatrice perverse ?
Émoustillée peut-être par cette coquetterie toute féminine qui sait combien secret et sous-entendu aiguillonnent les curiosités libidineuses ?
Ah ! Simplement découragée, prétendez-vous modestement, par l’insuffisance de vos propres mots pour exprimer, comme elles le méritent, les mille saveurs de ces libertinages avec l’élégance et la subtilité de ceux qui vous les ont, un jour, inspirés au détour d’une bibliothèque, le raffiné Pierre Louÿs ou la scandaleuse « Madone de Saint-Clitoris », Anaïs Nin.

Bref ! Vous croyez, charmante Elvire, que votre silence, quelle qu’en soit sa raison, gardera secrets les dévergondages de votre nuit dernière entre adultes consentants.
Comme vous faites erreur ! Big Brother a les photos…!

Mieux, la vidéo !

Ah ! Quand la virtuosité devient licencieuse !
Quand le libertinage tourne à la maitrise !

Quand l’orchésographie* flatte le branle coupé** !

* « Manière d’écrire les danses en indiquant en signes conventionnels les pas sous les notes de musique d’une partition. (Le premier essai en fut tenté par Thoinot Arbeau dans son Orchésographie [1588].) » – Larousse

** Les branles coupés sont « composés et entremêlés de doubles, de simples, de pieds en l’air, de pieds joints et sauts », écrit Arbeau. Ils sont agencés en suites de danses et les musiciens les appellent branles de Champagne coupés, branles de Hainaut, branles d’Avignon, etc. – Wikipédia

Freedom Ballet  (le bien nommé !)

II/ Banalité du jour

Et ne croyez pas que les choses en restent là !
Chaque minute – routinière ou improvisée – de votre journée, depuis l’instant où vous dévoilez difficilement votre premier œil à la lumière, est espionnée et enregistrée…
La preuve !

Au B.B.C.G.S.O* vos vidéos font un tabac.

*Big Brother Central and General Supervisory Office
(Bureau Central et Général de Surveillance de Big Brother)

Un conseil :

Ne cessez jamais de sourire… les caméras sont partout !

Et… S’il vous plaît

Dansez ! Dansez ! Dansez !…

L’imagination introduit l’étrange dans le quotidien, le rêve dans la réalité, l’inattendu dans l’évidence, la vie dans le théâtre. — Arrabal

2019 : Sourire – Amour – Paix. Dans l’ordre qu’on voudra !

Meilleurs vœux  !

Comment, sans une dose certaine d’exagération, une pincée d’outrance, et un zeste d’angélisme, mes vœux pour ce début d’année résisteraient-ils à l’inéluctable érosion que ne manqueront pas d’infliger à leur réalisation les onze mois qui les suivent ?  Aucun excès, en tout cas, ne saurait retrancher la moindre fraction à la sincérité qui les inspire.

Alors :

Ψ –  Puissions-nous entonner chaque jour de notre nouvelle année, avec le même enthousiasme et le même gracieux sourire que ceux qu’affiche ici la très british Carolyn Sampson interprétant Sémélé, ce chant réjoui :

« Oh extase du bonheur…! »

— Et avec la même voix peut-être, qui sait ?… « Exagération », disions-nous ?

Et si, ce faisant, nous menaçaient de trop près les vanités du Narcisse, qu’un trait d’humour, aussitôt, vienne en chasser l’écho, fussions-nous, comme Sémélé elle-même, fille d’Harmonie, mère de Dionysos, et amante de Jupiter. (Quel C.V. !)
Aimons-nous donc nous-mêmes, nous n’en aimerons que mieux ceux qui nous entourent ! Mais gardons-nous de laisser le tain de notre miroir occulter l’issue de notre prison !

Haendel – SÉMÉLÉ – Acte III – Scène 3

Recitative

Oh, ecstasy of happiness!   
Celestial graces                        
I discover in each feature!     

Air

Myself I shall adore,
If I persist in gazing.
No object sure before
Was ever half so pleasing.
Myself. . . da capo

• • •

Récitatif

Oh extase du bonheur,
grâces célestes
que je découvre dans chacun de mes traits !

Aria

Je m’adorerai moi-même
si je continue à me regarder.
Nul objet il est sûr à ce jour
n’a atteint ne serait-ce que la moitié de cette beauté.
Je m’adorerai… da Capo

§

Ψ –  Puisse cette nouvelle année, Mesdames, accroître encore, selon vos souhaits légitimes, vos droits dans nos sociétés vieillissantes !

Puisse le Ciel — il n’y aura plus que lui pour cela — nous protéger, Messieurs  les pauvres hommes, des éventuels abus auxquels elles pourraient, par vengeance, par sadisme ou tout simplement par plaisir, être tentées de nous exposer… !

Quelques cas sérieux ont déjà été recensés… et certains disent — mauvaises langues, évidemment — que nous y avons pris goût :

§

Ψ –  Enfin, et surtout, puissions-nous tous, chacun à sa manière et avec ses moyens, propulser nos énergies personnelles dans la seule direction qui vaille : celle qui conduit à la PAIX ! Tenterons-nous la magique utopie d’utiliser tous la même boussole ?

Mais, convenons-en, les mots ne savent pas tout dire. Surtout si c’est au cœur que l’on s’adresse. Seule la musique connaît le langage subtil de l’intime, de l’immatériel, de l’éternel. Laissons-la donc, avec une suave élégance, offrir à nos âmes, pour les convaincre s’il en était besoin, un avant-goût du bonheur simple dont la paix est porteuse.

Bill Evans (piano) – « Peace piece » (enregistrée en concert en 1958)

§ § §

Merci à tous de venir fidèlement sur « Perles d’Orphée » et « De Braises et d’Ombre », depuis tant d’années maintenant, partager avec moi un regard, une larme ou un sourire. Quel bel honneur vous me faites, quel formidable plaisir vous m’offrez, en ajoutant chaque jour un maillon nouveau à cette chaîne de l’émotion dont je ne pouvais imaginer en la créant qu’elle grandirait ainsi.

Merci !

Amour, danse et beauté… Et commutativement !

Ne sentez-vous pas que la danse est l’acte des métamorphoses ?

Paul Valéry

Il faut apprendre à être touché par la beauté, par un geste, un souffle, pas seulement par ce qui est dit et dans quelle langue, percevoir indépendamment de ce que l’on « sait ».

Pina Bausch

L’amour n’est pas un feu qu’on renferme en une âme :
Tout nous trahit, la voix, le silence, les yeux,
Et les feux mal couverts n’en éclatent que mieux.

Jean Racine – Andromaque (Acte II / Scène 2 – Oreste)

Ω

— Transcendance de l’amour quand l’élégance de la musique fusionne dans l’harmonie d’un même élan la passion des corps et la profondeur des sentiments.

— Transcendance de la beauté quand l’amour se pare de l’éclat conjugué de deux étoiles : attraction gravitationnelle réciproque de la grâce pure et de la force maîtrisée.

Chorégraphie et livret : Youri Grigorovitch (né en 1927)

Musique : Aram Katchatourian (1903-1978)

Ballet du Bolchoï

Anna Nikulina (Phrygia)

Mikhail Lobukhin (Spartacus)

Ω

Au début de l’Acte III du ballet éponyme, Spartacus, libre désormais grâce à sa victoire dans son duel avec Crassus, s’empresse de retrouver Phrygia qui n’osait même plus nourrir l’espoir de le revoir. Et c’est l’occasion d’un superbe et émouvant « pas de deux » dansé sur les harmonies pathétiques d’un mouvement « Adagio ». Le lyrisme et la subtilité d’un tel moment de paix agissent comme un contraste enchanteur – et nécessaire – avec la multitude des tableaux bondissants et musclés qui caractérisent ce légendaire ballet guerrier.

Synopsis : 

Crassus, consul romain triomphant, revient à Rome glorifié de ses brillantes conquêtes. Parmi les esclaves qu'il ramène, le roi de Thrace, Spartacus, et sa belle et vertueuse épouse Phrygia.

La défaite est rude pour Spartacus : Phrygia doit rejoindre le harem des concubines de Crassus et lui-même est enrôlé de force dans la troupe inhumaine des gladiateurs. Lors d'un combat dans l'arène, il tue l'un de ses plus proches compagnons. C'en est trop. Le noble Spartacus décide de se rebeller et fomente un soulèvement des esclaves que l'histoire appellera la "Troisième Guerre Servile".

Victorieux du combat singulier qui l'oppose à Crassus, Spartacus choisit, généreux, de laisser la vie sauve à son adversaire romain qui, au final, ne tiendra aucun compte de la mansuétude de ce noble guerrier. L'odieux Crassus ordonnera en effet à ses centurions de crucifier le valeureux sur la pointe de leurs lances.