Toqué de toccata /3 – Inséparables

Claude Debussy 1862-1918

Nourris au même univers foisonnant du Paris du XXème siècle naissant, abreuvés aux mêmes influences d’une époque porteuse de mille promesses de mutation technique, sociale, économique, culturelle, artistique, Claude Debussy et Maurice Ravel, son cadet de treize ans, ont partagé une large palette d’expériences communes qui ne pouvait manquer d’iriser leurs compositions respectives de couleurs voisines et de sonorités jumelles.

Maurice Ravel 1875-1937

La considération sincère qu’ils se portaient l’un l’autre à travers leur art favorisait une évidente influence réciproque qui parfois les conduisit à créer des œuvres d’une proximité si étroite qu’ils en vinrent inévitablement à se traiter en rivaux, allant jusqu’à s’accuser mutuellement de plagia à propos de certaines de leurs compositions.

Mais, ces ressemblances ne sauraient masquer leurs réelles différences, inhérentes à la personnalité unique de chacun d’eux ainsi qu’à l’évidente opposition de leurs tempéraments artistiques et de leurs styles. En témoignent tant des merveilleuses pages musicales qu’ils nous ont léguées, et qui rendent bien circonspects les musicologues tentés par les « écoles » et les « ismes »

Ainsi, par exemple, peut-on percevoir à travers les indissociables mouvements de « Toccata » que chacun composa en son temps – Debussy dans la suite « Pour le piano » entre 1896 et 1901, et Ravel dans « Le Tombeau de Couperin » pendant la « Grande guerre » – leur communauté d’inspiration, tous deux rendant un hommage appuyé aux grands maîtres du clavecin du XVIIIème siècle, autant que leurs oppositions stylistiques qui permettent de ne jamais les confondre.

Vladimir Jankélévitch comparant les deux toccatas :

Celle du Tombeau de Couperin tourne et travaille comme un moteur et martèle l’ivoire inexorablement, et celle de la suite Pour le piano, plus capricieuse, plus féminine, avec je ne sais quelles mourantes vibrations autour des notes…

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Béatrice Rana, jeune prodige italienne, interprète la Toccata de Debussy, troisième mouvement de la suite « Pour le piano » :

Les lumières explosant d’une joie dionysiaque se reflètent telle une pluie d’étoiles dans les frissonnements de l’onde.

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Mariangela Vacatello, pianiste napolitaine au palmarès éblouissant, joue le sixième et dernier mouvement (Toccata) de la suite de Ravel, « Le tombeau de Couperin » :

Les percussions obstinées qui animent ce mouvement dominé par ses exigences techniques ne privent pas pour autant cet instant musical d’un lyrisme singulièrement enchanteur inséré entre les martèlements. 

Toqué de toccata /2 – Fascination

If you want to be more than a virtuoso … first you have to be a virtuoso.*

Vladimir Horowitz 1903-1989

C’est la remarque qu’aurait un jour adressée Vladimir Horowitz, le très grand, l’immense, le facétieux, le capricieux, l’irremplaçable, l’iconique Vladimir Horowitz, « Satan au clavier », comme certains l’avaient surnommé, à Murray Perahia, aujourd’hui référence incontestable du piano, qui faillit jadis être l’un de ses très rares élèves.

« Virtuoso » ! Horowitz – qui en douterait ? – connaissait son sujet. Certains, nonobstant leur admiration, ne l’ont-ils pas trop souvent confiné injustement à cette seule vertu…?
Personnalité musicale puissante mais discrète, passeur engagé, Rudolf Serkin, l’antithèse pianistique d’Horowitz, était, pour sa part, fasciné par « l’espèce d’incandescence qui se dégageait de son jeu, cette flamme, cette passion. » **

… Substances éminemment explosives !

Toccata de Francis Poulenc (audio) – enregistrement de 1932

Attachons nos ceintures !!! Et gardons bien à l’esprit que, comme chacun d’entre nous, ce « diable » n’a jamais eu que dix doigts…

* Si tu veux être plus qu’un virtuose… il te faudra d’abord être un virtuose.

** Cité par Olivier Bellamy –  « Dictionnaire amoureux du piano » – Plon

Un prélude arrangé

C’est l’inévitable et généreux tribut du génie musical à sa postérité que d’offrir à tous ceux qui l’admirent longtemps encore après sa disparition l’implicite permission de reprendre ses œuvres, pour les interpréter, les imiter, les modifier même, au point de les trahir, souvent, ou, plus rarement, de les magnifier.  

J-S. Bach 1685-1750

Pas étonnant, alors, que le plus « génial » d’entre tous les compositeurs – chacun, déjà, aura murmuré son nom : Jean-Sébastien Bach – ait été, et soit, pour l’éternité peut-être, le plus prodigue. Quel fou s’aventurerait-il à dénombrer les partitions sous lesquelles son ombre, depuis ce triste jour de juillet 1750, ne prend même pas la précaution de se dissimuler ?
Les compositions du Cantor :  une manne inépuisable pour les arrangeurs et transcripteurs de tout poil, parmi lesquels quelques génies de la musique, eux aussi. Et d’ailleurs, Bach lui-même ne s’inscrirait-il pas comme le plus zélé d’entre eux ?

Parmi ces innombrables arrangeurs d’aujourd’hui, il en est un que j’ai découvert  par hasard, il y a peu, qui se cache derrière la seule information que je suis parvenu à trouver le concernant : son nom d’origine chinoise, Luo Ni.
On le rencontre sur internet entre les doigts de jeunes pianistes, pas plus connus que lui, qui interprètent son arrangement plutôt réussi du prélude en Ut mineur (BWV 847) extrait du Livre I du monumental « Clavier bien tempéré », référence universelle des pianistes.

Dans la version originale de ce prélude de Bach, jouée de la plus belle des manières par des « doigts dans des œufs à la neige », pour reprendre l’expression d’un grand écuyer français, on entend ceci :

§

L’arrangement de Luo Ni commence par changer la tonalité originale choisie par le Maître, remplaçant la tendresse plaintive et résignée, trop sérieuse parfois, de l’Ut mineur par le charme alerte et la grâce d’un Sol mineur qui ne perd pas de son intériorité pour autant.
La mélodie développée échappe très vite à la rigueur de la partition originale ; elle est, certes, trop contemporaine pour préserver le caractère classique du prélude, et ce n’est sans doute pas là sa prétention. En revanche quand elle coule ici sur le clavier de la jeune pianiste chypriote-turque, Mirana Faiz, elle baigne les images déjà très évocatrices de sa vidéo d’une atmosphère tout droit venue d’un film de Jane Campion, dont elle aurait pu avantageusement illustrer le générique.

Alors, pour le plaisir des images et du son, nous nous arrangerons bien volontiers de cet arrangement !

« Quand les âmes se font chant »

Tu ouvres les volets, toute la nuit vient à toi,
Ses laves, ses geysers, et se mêlant à eux,
Le tout de toi-même, tes chagrins, tes émois,
Que fait résonner une très ancienne berceuse.

 

François Cheng
« Enfin le Royaume » – (Gallimard – 2018)

 

Quand les âmes se font chant,
Le monde d’un coup se souvient.
La nuit s’éveille à son aube ;
Le souffle retrouve sa rythmique.
Par-delà la mort, l’été
Humain bruit de résonance

Quand les âmes se font chant.

François Cheng
« Quand les âmes se font chant » – (Bayard Culture – 2014)

Scènes d’enfants

Petite fille dans une rue de Paris – photographe inconnu

J’envie cet enfant qui se penche sur l’écriture du soleil, puis s’enfuit vers l’école, balayant de son coquelicot pensums et récompenses.
René Char – « Fureur et mystère » (1948) –
partie « Feuillets d’Hypnos » (1943-1944)

Gallimard / Poésie – 1962 
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20 novembre :
Journée Internationale de l’Enfance

(… Puisque nous sommes devenus débiles au point que nos générations, à travers le monde, ont ressenti le besoin d’en créer une. Tant de siècles d’âpres combats et de lumineux progrès, et, pauvres de nous, ne pas avoir encore unanimement compris que l’enfance est le seul et unique trésor qu’il nous faille protéger, absolument et spontanément, chaque jour de notre vie ; parce qu’elle est sans conteste le seul et unique trésor que notre espèce ait jamais reçu.
Il est évidemment plus facile de faire éclore une forêt de roses qu’une seule conscience.)

Au fond, seuls les enfants savent parler de l’enfance. Voilà qui explique sans doute que personne mieux que le poète ou le musicien, qui jamais ne la quittent, ne sait l’évoquer avec autant de pertinence, et autant de beauté.

Robert Schumann 1810-1856

Ce n’est certes pas un hasard si c’est au plus « enfant » des compositeurs de la musique classique, Robert Schumann, que revient le mérite d’avoir écrit les plus émouvantes partitions sur le thème de l’enfance : « Kinderszenen » (Scènes d’enfants).

Treize miniatures, treize tableaux sonores représentant les émotions et les bonheurs simples des jeunes années. Pour méditer, se souvenir, rêver et, peut-être, transmettre.
Une merveilleuse poignée de minutes en lévitation sur les touches d’un piano, le temps d’un prodigieux voyage dans les contrées imaginaires de l’enfance, entre les frayeurs factices, les rêveries, les jeux animés, les rires et les tendres émois de cet insurpassable « âge d’or ».

Mes « Scènes d’enfants » sont douces, tendres et heureuses, comme notre avenir.

Robert, dans une correspondance adressée à Clara (1938)

Écoutons les, comme un hymne délicat aux joies insouciantes de nos jeunesses perdues, interprétées en janvier 2018 à Barcelone par la grande Martha Argerich. — Ce jour-là plus que jamais, l’immense pianiste avait pris à son compte la recommandation que Robert adressait à Clara, la virtuose et son aimée :

Tu prendras sans doute plaisir à jouer ces petites pièces, mais il te faudra oublier que tu es une virtuose. Il faudra te garder des effets, mais te laisser aller à leur grâce toute simple, naturelle et sans apprêt.

Robert, dans une correspondance adressée à Clara (1938)

1 – Gens et pays étrangers (Von fremden Ländern und Menschen)

Méditation légèrement nostalgique. Questionnement naïf et sincère sur ces histoires et ces récits de gens venus d’ailleurs inconnus.

2 – Curieuse histoire (Kuriose Geschichte)

Malgré l’apparente gravité de sa partie centrale l’histoire que l’enfant découvre le fait sautiller de joie.

3 – Colin-maillard (Hasche-Mann)

Tous les enfants se déchaînent autour de leur camarade aux yeux bandés, pour lui faire perdre totalement ses repères.

4 – L’enfant suppliant (Bittendes Kind)

L’enfant impatient qu’on satisfasse son désir, d’une histoire, d’un jouet, quémande et implore. Écho à son attente, la dernière note reste en suspens !

5 – Bonheur parfait (Glückes genug)

Quelle joie, quel bonheur ! Le désir est exaucé…

6 – Un évènement important (Wichtige Begebenheit)

Qui sait de quel évènement il s’agit ? Mais à l’évidence il est d’une grande importance à en juger par le caractère solennel et l’énergie de la musique.

7 – Rêverie (Träumerei)

Tout ici est sensibilité, poésie, abandon de soi. Mille fois écoutée cette rêverie fait toujours autant rêver. Mais qui rêve ? L’enfant ? Schumann ? Nous-même ?

8 – Au coin du feu (Am Kamin)

Réunion autour de l’âtre. Le feu crépite et les histoires ou les légendes que l’on se raconte attisent les passions…

9 – Cavalier sur le cheval de bois (Ritter vom Steckenpferd)

Le fier chevalier a enfourché le bâton qui lui sert de destrier et cavale à perdre haleine vers son noble destin…

10 – Presque trop sérieusement (Fast zu ernst)

Un souffle de sagesse ou de raison, une intuition d’adulte peut-être, et s’installe, inquiet, un instant de mélancolie.

11 – Croquemitaine (Fürchtenmachen)

On joue à se faire peur : tout est calme et tranquille quand, tout à coup, surgit le croquemitaine. Fuite soudaine de l’enfant… Et comme c’est trop bon de faire semblant d’avoir peur, on recommence.

12 – L’enfant s’endort (Kind im Einschlummern)

Longue et riche journée. Le sommeil gagne inéluctablement la partie. La berceuse emporte doucement l’enfant au pays des songes. Le dernier accord reste accroché à un nuage.

13 – Le poète parle (Der Dichter spricht)

Le dernier mot appartient au poète. Tendrement exprimé comme l’imperceptible caresse d’une maman sur la joue de son enfant endormi.

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Puisse l'apaisante beauté de ces évocations ne faire oublier à personne que toutes les scènes d'enfants ne connaissent pas, hélas, la douceur, la tendresse et le bonheur que Schumann avait souhaité réunir dans ses pages.

Un cœur en automne /6 : Mélange élégiaque

Réconciliation

La passion amène la souffrance… Quelle puissance calmera
le cœur oppressé qui a tout perdu ?
Où sont les heures si vite envolées ?
Vainement tu avais eu en partage le sort le plus beau :
ton âme est troublée, ta résolution confuse.
Ce monde sublime, comme il échappe à tes sens !

Soudain s’élève et se balance une musique aux ailes d’ange ;
elle entremêle des mélodies sans nombre,
pour pénétrer le cœur de l’homme,
pour le remplir de l’éternelle beauté :
les yeux se mouillent ; ils sentent, dans une plus haute aspiration,
le mérite divin des chants comme des larmes.

Et le cœur, ainsi soulagé, s’aperçoit bientôt qu’il vit encore,
qu’il bat, et voudrait battre, pour se donner lui-même,
à son tour, avec joie, en pure reconnaissance
de cette magnifique largesse.
Alors se fit sentir – oh ! que ce fût pour jamais !
la double ivresse de la mélodie et de l’amour.

Goethe à l’âge de 78 ans – Aquarelle de Josef Karl Stieler

 

Johann Wolfgang Goethe (1749-1832)
In « Trilogie de la passion » – 1827
(Traduit de l’allemand par Jacques Porchiat)

 

 

C'est à Marienbad, en 1821, que Goethe, alors âgé de 72 ans, connaît sa dernière grande passion amoureuse. Il vient de faire la rencontre d'une jeune soprano de 17 ans, Ulrike von Levetzow, et en tombe éperdument amoureux.

Deux années plus tard, le refus des parents de la jeune fille de lui accorder sa main plonge le grand écrivain dans une profonde mélancolie qui lui inspirera de merveilleux poèmes, et en particulier l'un de ses plus beaux, l'"Élégie de Marienbad".

Pendant l'été 1823, alors qu'il se réfugie plus que jamais dans la musique, il est infiniment séduit par le jeu engagé et virtuose de la pianiste polonaise Maria Szymanowska (qui ne sera pas étrangère au style brillant de Chopin). 
Quelques jours après le récital, il lui envoie ce poème, "Réconciliation", très empreint encore de ses ressentis amoureux, pour la remercier des vives émotions que sa musique a attisées en lui.

Irina Lankova joue « Élégie » Opus 3 – N°1 de Sergueï Rachmaninov :

Sergueï Rachmaninov en 1892

Cette "Élégie" fait partie des cinq "Morceaux de fantaisie", opus 3, que Rachmaninov compose en 1892, à l'âge de 19 ans.

Dès son ouverture, cette pièce exprime, une profonde et bouleversante mélancolie qui, en se développant, gagne en intensité et en beauté.

Chaleureuse, une réconfortante mélodie vient alors éclairer d'un bref trait d'espérance son ténébreux chemin.

Mais la musique retourne à la gravité de sa méditation et s'estompe jusqu'à s'éteindre presque, avant que ne réapparaisse, encore plus triste et plus émouvant, le premier thème.

Elle se cabre enfin dans une ultime convulsion puis se résigne à abandonner les harmonies des derniers accords aux ombres chères de la nuit qui marche.

D’où compter les étoiles ?

Il n’est pas exceptionnel qu’à l’écoute d’une musique de Jean-Sébastien Bach, s’entrouvrent devant nous les portes du ciel. Il n’est pas rare, non plus, que certaines interprétations engagent notre âme émerveillée sur ce chemin des anges qui tout droit conduit à leur seuil.

Jean-Sébastien Bach à 30 ans (1715) par Johann Ernst Rentsch le vieux († 1723)

Mais il arrive aussi, parfois, que la musique du Cantor de Leipzig, nous raccroche très profondément, très substantiellement, à la terre qui nous porte.
Et, qu’on ne s’y méprenne surtout pas, non parce qu’elle aurait perdu la part de sublime émané de ce pouvoir anagogique qui, le plus souvent, nous tient en impesanteur, mais tout simplement parce qu’elle puise alors la force de son inspiration dans les racines telluriques qui modèlent notre existence.
Les nombreuses danses qui parsèment les partitions du Maître ne sont-elles pas une illustration caractérisée de l’impulsion profondément humaine, terrestre, qui également anime son œuvre ?

C’est particulièrement avec les sonorités du piano moderne – et du violoncelle quelquefois – que l’on peut, le mieux, je crois, ressentir combien la texture plus organique de cette musique exhorte au précieux enchantement de goûter la vie en soi. Ici et maintenant ! Juste par le truchement des vibrations de nos sens.

Jamais, me semble-t-il, cette perception ne m’aura été aussi précise, aussi évidente, qu’en découvrant l’interprétation de cette « Sicilienne » (danse populaire et bucolique – tiens, tiens ! – que le grand Wilhelm Kempff a transcrite pour le piano dans les années 1950), par la très talentueuse et très sensible pianiste suisse, Béatrice Berrut que je viens de découvrir pour mon plus grand bonheur.

La délicatesse de son toucher, l’énergie prodigieusement maîtrisée de sa technique, la grâce charnelle de son expression, la profonde sincérité de son jeu, me plongent, à travers les harmonies de la musique qu’elle sculpte ici, dans un bain de bienfaisante lumière méditative.

L’Esprit, même dans la musique du « saint inaccessible qui trône au milieu des nuages » *, quitte parfois le Royaume des Cieux !
La Terre n’est-elle pas, après tout, le meilleur endroit d’où compter les étoiles ?

* Wilhelm Furtwängler pour qualifier Bach – in « Musique et verbe » – 1951

Puisse ce billet être une vive incitation à découvrir cette formidable jeune pianiste. Elle publie très généreusement sur YouTube beaucoup de vidéos de ses interprétations en studio ou en live. Quelle aubaine ! Vivement la prochaine occasion de la voir en concert.
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Liszt semble être son compositeur de prédilection. Une belle occasion de découvrir son sens aigu de la nuance dans l'une des pièces pour piano parmi les plus redoutables : "Après une lecture de Dante".