Flâner entre le rêve et le poème… Ouvrir la cage aux arpèges… Se noyer dans un mot… S'évaporer dans les ciels d'un tableau… Prendre plaisir ou parfois en souffrir… Sentir et ressentir… Et puis le dire – S'enivrer de beauté pour se forcer à croire !
Hé ! Le temps change. Pluie et froid au programme du jour.
Rendez-vous chez Emmet !… les pieds nus comme d’habitude !
Au programme, rythmes syncopés et méandres mélodiques des éternels standards du jazz vocal par les divas envoûtantes d’aujourd’hui, autour du piano du très talentueux maître de l’improvisation, Emmet Cohen…
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Cyrille Aimée, tout droit venue des bords de Seine, diva moderne du jazz, « la musicienne » comme la surnomme avec déférence les instrumentistes de la discipline.
Dans la lignée de la grande Ella, elle interprète – et de quelle manière ! – l’inoubliable blues de 1918, « After you’ve gone », omniprésent depuis dans les répertoires des légendes du jazz.
Et qu’on se rassure, les larmes de l’amoureuse délaissée vont vite se transformer en un scat endiablé… pour le bonheur du bébé caché sous la robe à paillettes de maman.
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Morgan James, bien connue des habitués des clubs de jazz new-yorkais, remarquée au disque par ses reprises du répertoire de Nina Simone dans une première publication en 2012 et de nombreux titres des Beatles dans son « White Album » de 2018.
Elle interprète « Come rain or come shine », une chanson née à l’occasion d’une comédie musicale ratée de 1946 et devenue un standard repris par Frank Sinatra, Billie Holiday, Judy Garland, Ray Charles, Ella Fitzgerald… et même, dans le style langoureux qu’on lui connaît, par Marlène Dietrich.
Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville…
‘Stormy Weather’
Je ne sais pas pourquoi il n’y a pas de soleil dans le ciel Sale temps Puisque mon homme et moi sommes séparés Il pleut tout le temps La vie est nue, sombre et malheureuse partout Sale temps Je ne peux juste pas me ressaisir, Je suis tout le temps fatiguée Si fatiguée tout le temps Quand il est parti, le blues est entré en moi et s’est installé S’il ne revient pas, la vieille chaise à bascule aura ma peau Tout ce que je fais, c’est prier le Seigneur d’en haut qu’il me laisse marcher une fois de plus au soleil. Je ne peux pas continuer, j’ai perdu tout ce que j’avais Sale temps Depuis que mon homme et moi sommes séparés, La pluie ne cesse de tomber
Don’t know why there’s no sun up in the sky Stormy weather Since my man and I ain’t together, Keeps rainin’ all the time Life is bare, gloom and mis’ry everywhere Stormy weather Just can’t get my poorself together, I’m weary all the time So weary all the time When he went away the blues walked in and met me. If he stays away old rockin’ chair will get me. All I do is pray the Lord above will let me walk in the sun once more. Can’t go on, ev’ry thing I had is gone Stormy weather Since my man and I ain’t together, Keeps rainin’ all the time
N’oublie jamais ceci : jouer du jazz, c’est comme raconter une histoire. Une fois la musique envolée et le morceau terminé, il ne doit rester que du bonheur… Sinon ça ne sert à rien. Strictement à rien !
Maxence Fermine (romancier)
Alors ce billet – je l’affirme – va servir à quelque chose !
Si tu n’arrives pas à perdre ta mauvaise humeur… Écoute !
Tes oreilles ne suffiront pas : ……………le jazz, quand il swingue comme ça, il s’écoute avec les pieds.
Samara Joy « Can’t Get Out Of This Mood »
Ben Paterson (piano) David Wong (basse) Kenny Washington (batterie)
Allez ! Avoue ! Quand tu fermais les yeux, ostensiblement sous le charme, tu pensais un peu à Ella Fitzgerald ou à Sarah Vaughan ?
Tu n’es pas le seul à retrouver en Samara la grande classe des Divas du jazz qui chauffaient, à coups de 45 tours, l’ambiance de nos « boums » :
– En 2019, Samara remportait la « Sarah Vaughan International Jazz Vocal Competition » puis, en 2021, était nommée « Meilleure Nouvelle Artiste » par le magazine JazzTimes.
– Il y a une poignée de semaines, elle remportait le Grammy Award du meilleur nouvel artiste, – toutes catégories confondues – et celui du Meilleur album de jazz vocal.
Ah ! J’oubliais de te dire qu’elle ne chante le jazz que depuis cinq ans… et qu’elle a 23 ans !
Ella Fitzgerald 1917-1996
Depuis quand n’as-tu pas écouté « Lady be good », ce standard extrait de l’opéra éponyme des Gershwin, qui avait fait les premières gloires d’Ella dans ses interprétations uniques ?
Tiens, comme un cadeau, voici Samara, en dilettante, incarnant la First Lady of Swing, lors d’un « boeuf » avec Emmet Cohen et son trio (Russell Hall à la contrebasse et Kyle Poole à la batterie).
Alléluia ! Notre jazz est bien vivant !
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∞
Je pourrais dire du jazz que c’est un mélange d’élégance et de souplesse, que c’est la magie de l’instant, comment dire ? un léger détachement, un équilibre fragile et émouvant…Quelque chose comme ça.
C’est une langue si délicate le Scat
vaut mieux défaire sa cravate
pour le Scat
c’est pas le Magnificat
c’est plus facile qu’une cantate
mais faut la langue acrobate
pour le Scat
Michel Jonasz – chanson « Le Scat »
Nul besoin de téléphone portable pour un « social call ». Croyons donc les traducteurs, c’est d’une visite dont il est question. Amicale au demeurant, amoureuse, pourquoi pas ? – On n’a pas trouver plus intime que le tête à tête pour communiquer dans ces cas-là…
Oh ! On échangera bien quelques reproches au milieu des heureux souvenirs…
Mais avec un sourire jazzy, à l’ancienne, un poil de swing, un zeste de scat et du groove plein la voix, autour d’un bon vieux standard des années 1950, les choses pourraient bien ressembler aux retrouvailles de Benny Benack et Veronica Swift devant leur micro.
Pas mal, non ? Jazz is back !
I’ll wait for you tonight ! 🎶Doo be doya bop dee dee !!! 🎶
Benny
Happened to pass your doorway Gave you a buzz, that’s all Lately, I’ve thought lots about you So I thought I’d pay a social call
Veronica
Do you recall the old days? We used to have a ball
Benny
Not that I’m lonesome without you I just thought I’d pay a social call
Veronica
I thought I’d say Things are just swell But to tell the truth I haven’t been so well
And if you should try to kiss me I promise that I won’t stall
Benny
Maybe we’ll get back together
Benny & Veronica
Starting from this incidental Elemental Simple social call
Benny
Do you remember all the good times that we had my baby girl? I’ll never forget you’ve got the greatest smile in the world Oh, my sugarplum fairy, don’t hold a grudge I simply had to say hello once more
And am I insane Or do I really see a world where you and I could be together, forever When, buttercup, don’t slam the door in my face Unless you really wanna spill my heart all over the place
Oh, I guess we’re going to spend a lot of time hanging out like this I’m tryna break my habit of you But, since we weren’t back together I suppose we should start anew Dear, what do you say?
Oh! I can’t take it My! Heart is breaking I’m laying it on the line
If you can find it in your mind that there just a little Itsy, bitsy, chance that you might miss me Let’s give it a whirl
Veronica
Baby, we’ve played this game a thousand million times I should throw your heart in jail for all of its crimes You say that you love me and I think that it’s true But why should I just sit at home awaiting for you
When we’re together, it’s always stormy weather And I really feel like sittin’ on a beach, with you out of reach Whenever you smirk, I get weak in the knees But if you’re a jerk, I’ll tune out all of your pleas
Well I suppose just one drink couldn’t hurt But just one, nothing more I’m onto all of your tricks But if you slip up, I’ll show you the door
I must be crazy, but I’m coming around But if you do me wrong, I’ll run you out of this town I guess that I could give you one more chance now To prove you’re the man who can love me everyday
And never leave my side ever again
Benny & Veronica
(Scatting)
Veronica
If you should try to kiss me baby I promise I won’t stall
Benny
Maybe we’ll get back together
Benny & Veronica
Starting from this incidental Elemental Simple social call
Why he had to go I don’t know he wouldn’t say I said something wrong, now I long for yesterday
Yesterday All my troubles seemed so far away Now it looks as though they’re here to stay Oh, I believe in yesterday
Suddenly I’m not half the girl I used to be There’s a shadow hanging over me Oh, yesterday came suddenly
Why he had to go I don’t know he wouldn’t say I said something wrong, now I long for yesterday
Yesterday Love was such an easy game to play Now I need a place to hide away Oh, I believe in yesterday
Why he had to go I don’t know he wouldn’t say I said something wrong, now I long for yesterday
Yesterday Love was such an easy game to play Now I need a place to hide away Oh, I believe in yesterday
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Too many musicians rush through everything with too many notes. A ballad should be a ballad. It’s important to understand what the song is saying, and learn how to tell the story. It takes time. I can’t rush it. I really can’t rush it.
Shirley Horn
Trop de musiciens se précipitent à travers tout avec trop de notes. Une ballade doit être une ballade. Il est important de comprendre ce que dit la chanson et d'apprendre à raconter l'histoire. Ça prend du temps. Je ne peux pas me précipiter. Je ne peux vraiment pas me précipiter.
Nous terminions à peine l’une des dernières mini bouteilles du non moins mini réfrigérateur quand, sans se départir de son charmant sourire qui m’aurait fait me damner, Nicki m’annonça qu’elle devait rentrer.
Aux fallacieux arguments qu’elle invoquait – la colère de son père, l’inquiétude de sa sa mère, les soupçons de sa sœur, les cancans des voisins… – je ne trouvais, pour la retenir, qu’un seul argument, bien banal : « Chérie, il fait froid dehors ! »
Et, alors qu’à mon grand désespoir j’étais prêt à abdiquer, je décidais, stratégie ultime, de dire, à mon tour, que je devais partir…
Elle n’a pas voulu que j’attrape froid.
Et comme je m’apprêtais à lui servir un verre de Limoncello, pour mieux encore continuer ce doux tête-à-tête qu’aucun de nous deux, au vrai, ne souhaitait interrompre, je reçus violemment en plein visage le bouchon d’une bouteille de champagne ouverte avec trop d’enthousiasme par un maladroit Père Noël qui s’agitait au milieu d’une publicité télévisée.
Le petit garçon qui jette des cailloux dans la rivière et regarde les ronds formés à la surface de l’eau admire en eux une œuvre, qui lui donne à voir ce qui est sien. Ce besoin passe par les manifestations les plus variées et les figures les plus diverses avant d’aboutir à ce mode de production de soi-même dans les choses extérieures tel qu’il se manifeste dans l’œuvre d’art.
Friedrich Hegel – Cours d’esthétique (1818-1829)
When you knew that it was over you were suddenly aware
That the autumn leaves were turning to the color of her hair!
Quand tu as su que c'était fini tu t'es soudain rendu compte
Que les feuilles de l'automne prenaient la couleur de ses cheveux!
Sinne Eeg – The Windmills Of Your Mind
Piano : Jacob Christoffersen Batterie : Morten Lund Basse : Morten Ramsbøl
Festival de Jazz d’Orange – 2012
Round like a circle in a spiral, like a wheel within a wheel Never ending or beginning on an ever-spinning reel Like a snowball down a mountain, or a carnival balloon Like a carousel that’s turning running rings around the moon Like a clock whose hands are sweeping past the minutes of its face And the world is like an apple whirling silently in space Like the circles that you find in the windmills of your mind!
Like a tunnel that you follow to a tunnel of its own Down a hollow to a cavern where the sun has never shone Like a door that keeps revolving in a half-forgotten dream Or the ripples from a pebble someone tosses in a stream Like a clock whose hands are sweeping past the minutes of its face And the world is like an apple whirling silently in space Like the circles that you find in the windmills of your mind!
Keys that jingle in your pocket, words that jangle in your head Why did summer go so quickly, was it something that you said? Lovers walking along a shore and leave their footprints in the sand Is the sound of distant drumming just the fingers of your hand? Pictures hanging in a hallway and the fragment of a song Half remembered names and faces, but to whom do they belong? When you knew that it was over you were suddenly aware That the autumn leaves were turning to the color of her hair!
Like a circle in a spiral, like a wheel within a wheel Never ending or beginning on an ever-spinning reel As the images unwind, like the circles that you find In the windmills of your mind!
Mike Davis – trompette …Ricky Alexander – clarinette ……Jim Fryer – trombone ………Jay Lepley – batterie …………Nick Russo – guitare ……………Terry Waldo – piano (Maître incontesté du Ragtime)
« Take a picture of the moon »
Ω
La mode se démode, le style jamais.(Coco Chanel)
Do you ever get a disappointment Just because the moon don’t shine Do you ever sit around and mope Groan a little bit and give up hope There’s a way to keep a love appointment Even though the moon don’t shine Should yours be a case like this Try this plan of mine: Take a picture of the moon above In May or June Then you could make love Morning night or noon By the light of the same old moon
Take a picture of the moon in high When it’s inside Then you could be dry on the rainy night When you feel like you are to spoon You have the proper atmosphere When you’re cuddlin someone Take up little photograph You can love and laugh At the blazing sun Take a picture of the moon above In May or June Then you could make love Morning night or noon By the light of the same old moon
Le jazz est selon moi une expression des idéaux les plus élevés. Par conséquent, il contient de la fraternité. Et je crois qu’avec de la fraternité, il n’y aurait pas de pauvreté, il n’y aurait pas de guerres.
John Coltrane (saxophoniste – 1926-1967) (Entretien avec Jean Clouzet et Michel Delorme, 1963)
Hé ! Les amis ! Un bœuf chez Emmet, ça vous dit ?
Oui, un « bœuf » quoi ! Une « jam session », si vous préférez : chacun vient avec son instrument, sa voix et son talent et ensemble on fait de la musique. La musique qu’on aime… à condition que ce soit du jazz.
Inutiles vos partitions ! On improvise, on se devine, on se comprend, on joue. Ensemble !
Votre passeport, l’amour de la musique : venez comme vous êtes, soyez qui vous êtes. Votre couleur de peau, et alors ? Vos origines, votre religion, et alors ? Faire le bœuf c’est partager la musique, le plaisir d’être ensemble, la complicité d’un instant, le bonheur d’être, tout simplement.
Faire le bœuf c’est croire avec la naïveté d’un enfant que la vie ensemble, chaque jour, pourrait si facilement être meilleure…
… même quand on a le cœur « bluesy » et… des « cailloux dans son lit » !
« Rocks in my bed »
Emmet Cohen – Piano Lucy Yeghiazaryan – Voix Grant Stewart – Saxophone Ténor Kyle Poole – Batterie Yasushi Nakamura – Contrebasse
Des cailloux dans mon lit
Mon cœur est lourd comme du plomb Parce que le blues m’a envahie J’ai des cailloux dans mon lit.
Toutes les personnes que je vois Pourquoi s’en prennent-elles à moi, pauvre de moi Et mettent des pierres dans mon lit ? Toute la nuit je pleure ! Mais comment peut-on dormir Avec des cailloux plein son lit ?
Il n’y a que deux types de personnes Que je ne comprends vraiment pas C’est une femme hypocrite C’est un homme au visage fermé.
Elle a emmené mon homme Et je ne vais pas le ramener Elle est plus fourbe qu’un serpent Le long des rails sous un wagon. J’ai des cailloux plein mon lit !
Sous aimé, suralimenté Mon homme s’en est allé et à sa place Plein de cailloux dans mon lit.
Dans le blues, dans le jazz, l’obscurité est toujours déjà présente, tout comme le chagrin. La catastrophe est un éternel compagnon. Mais jamais vous ne laissez l’obscurité et le chagrin avoir le dernier mot. Jamais.
Cornel West (Philosophe américain)
in « Philosophie Magazine » (11/2012)
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Oh ! Oui ! Même si l’on n’est pas un(e) grand(e) aficionad(a) d’opéra, on a tous un jour croisé le chemin de cette attendrissante Madame Butterflydont Maître Puccini raconte l’histoire dans une de ses plus belles œuvres, l’opéra éponyme de 1904, l’un des plus joués dans le monde.
Qui n’a pas un jour senti son cœur se serrer devant le triste désarroi de cette jeune et jolie japonaise, naïve, séduite, abandonnée et trahie par un officier américain ?
Qui n’a pas essuyé une larme lorsque fière et courageuse au sommet de son désespoir elle fait en scène ses adieux à son enfant chéri avant de se donner le seppuku ?
Qui aurait pu imaginer que ce thème inspirerait, en 1916, deux compositeurs de Broadway, Raymond Hubbel et John L. Golden qui écriraient la chanson « Poor Butterfly » ?
Qui, alors, aurait pu prédire que son succès du moment ferait d’elle, dans les années 1950, un « standard » du jazz, au programme des musiciens et des voix les plus emblématiques du genre, et au point de figurer dans le répertoire de la grande Sarah Vaughan comme titre signature ?
Questions sans réponse… Qu’importe !
Le flambeau continue de se transmettre. Alléluia !
A cappella ou en formation avec Andrea Motis et son quintet, Cécile McLorin Salvant en témoigne superbement :
Poor Butterfly
There’s a story told of a little Japanese. Sitting demurely ‘neath the cherry blossom trees. Miss Butterfly’s her name. A sweet little innocent child was she ‘Till a fine young American from the sea To her garden came.
They met ‘neath the cherry blossoms everyday. And he taught her how to love the American way. To love with her soul t’was easy to learn. Then he sailed away with a promise to return.
Poor Butterfly ‘Neath the blossoms waiting. Poor Butterfly For she loved him so.
The moments pass into hours. The hours pass into years. And while she smiles through her tears, She murmurs low:
The moon and I know that he’ll be faithful I’m sure he’ll come to me by and by. But if he won’t come back I won’t I’ll never sigh or cry, I just must die. Poor Butterfly!
Pauvre Butterfly !
Voici l’histoire que l’on raconte à propos d’une petite japonaise assise délicatement sous les cerisiers en fleurs. Son nom : Miss Butterfly.
C’était une douce petite enfant, innocente, jusqu’à ce qu’un beau jeune homme venu de la mer apparaisse dans son jardin.
Chaque jour ils se sont vus sous les fleurs des cerisiers. Il lui a appris à aimer la vie à l’américaine. – Apprend vite l’âme qui aime. Puis il est parti, promettant de revenir.
Pauvre Butterfly patiente sous les fleurs. Pauvre Butterfly qui l’aimait tellement.
Les instants devinrent des heures, et les heures des années. Tandis qu’elle souriait à travers ses larmes, elle murmurait tout bas :
‘Nous savons, la Lune et moi qu’il me restera fidèle. Je suis sûre qu’il reviendra me voir de temps en temps. Mais s’il ne revenait pas, sans un pleur, sans un soupir, je devrai juste mourir.’ Pauvre Butterfly !