Un matin de septembre

– Pour une magnifique chanson – ‘September morn’ – sortie en 1979, fruit d’une collaboration musicale entre Neil Diamond et Gilbert Bécaud.

– Pour le scénario très romantique que développent les paroles anglaises de Neil Diamond, évoquant les retrouvailles d’un couple un beau jour de septembre…

– Pour la conjonction magique de cette rencontre sentimentale avec les superbes images de New-York un matin d’automne.  

– Pour l’émotion simple de l’instant.

Neil Diamond chante ‘September morn’

Gilbert Bécaud a adapté la chanson en français avec l’aide du parolier Maurice Vidalin. La version française, C’est en septembre’, publiée dans l’album éponyme de 1978, prend un sens différent, plus personnel et nostalgique. Gilbert Bécaud choisit d’y rendre hommage à sa Provence chérie retrouvant sa vraie nature après le départ des touristes envahisseurs.

Voix du mal : Iago et Hagen

Si la littérature s’éloigne du mal, elle devient vite ennuyeuse.

Ennuyeuse certes la littérature – entendue dans son sens élargi englobant aussi le théâtre, le cinéma ou l’opéra – quand le mal n’y prend pas sa place. Parce que le mal nous paraissant plus profond que le bien, notre intérêt pour une œuvre qui s’en éloignerait n’y trouverait sans doute pas son compte.
Mais ennuyeuse également une telle œuvre qui s’affranchissant de la dimension néfaste représentée par l’antihéros, priverait les Narcisses que nous sommes de son effet miroir. – Pour nous retenir une œuvre ne doit-elle pas nous parler de nous ? Le héros du mal reflète nos contradictions, nos pulsions refoulées, nos dilemmes moraux. De simple antagoniste il devient personnage à part entière, souvent plus humain que le « bon », sa victime naturelle.

C’est peut-être sur les scènes d’opéra que le mal, porté par la majesté de l’orchestre et magnifié par la grandeur des voix qui le servent, atteint à l’apogée de sa beauté. Là, la perfidie cruelle d’un Iago nous devient presque sympathique et la trahison assassine d’un Hagen pourrait bien nous rallier à son injuste cause.

Dmitri Hvorostovsky (basse)
« Otello » (opéra de Giuseppe Verdi)
« Credo in un Dio crudel »

Hagen, fils d’Alberich, ce Nibelung qui a volé l’Anneau, a hérité de cette obsession du pouvoir et d’un profond ressentiment envers les dieux. Contrairement à Iago, il est programmé pour trahir. Dans la mythologie wagnérienne il incarne la fatalité du mal. Sa trahison est monumentale : il manipule les Gibichungs, trompe Brünnhilde, et assassine Siegfried. Il est l’instrument de la chute des héros et des dieux.

Le voici, au deuxième acte du « Götterdämmerung » (‘Le Crépuscule des Dieux’) dernier drame de la Tétralogie de Richatd Wagner, assis seul sur les marches du palais royal prétendant, pour rester à l’écart, monter la garde. En réalité, mu par son inextinguible soif de pouvoir il élabore en secret un plan perfide pour berner Siegfried, et voler, comme son père jadis, l’anneau magique des Niebelungen.
Un chant sombre et puissant, comme venu des entrailles maléfiques de la terre, accompagné par une musique grave, menaçante. Impressionnant !

Ain Anger (basse)
« Hier sitz’ ich zur Wacht » (Je reste à mon poste de guet)

Extrait du Götterdämmerung de Richard Wagner

Fulgurances – LII – Mélancolie

Même au fond du Tartare, au séjour des supplices,
Le luth a suspendu le cours de la justice :
Cerbère au triple mufle a cessé d’aboyer *

Le malheureux Orphée, en sa douleur cruelle,
Cherche les lieux déserts, et sur son luth fidèle,
Eurydice, c’est toi, toi seule, ses amours,
Qu’il veut chanter, de l’aube à la chute du jour. *

Paître en paix !

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles !

Si l’on cherchait un hymne aux temps heureux que nous vivons, aussi beau que judicieux et représentatif des réalités du moment, aucun choix ne conviendrait mieux que la splendide aria extraite de la cantate profane de Jean-Sébastien Bach, BWV 208 « Was mir behagt, ist nur die muntre Jagd » (Mon seul plaisir est la joie de la chasse).

Merci à tous les sages qui gouvernent le monde !

Schafe können sicher weiden
Wo ein guter Hirte wacht.

Wo Regenten wohl regieren
Kann man Ruh’ und Friede spüren
Und was Länder glücklich macht.

Les moutons peuvent paître en toute sécurité
là où un bon berger veille sur eux.

Là où les souverains gouvernent avec sagesse,
on peut goûter paix et tranquillité,
et c’est ce qui rend un pays heureux.

L’herbe écoute (20) – ‘Baisers du soleil’

Les insectes sont nés du soleil qui les nourrit. Ils sont les baisers du soleil, comme ma dixième sonate qui est une sonate d’insectes. Le monde nous apparaît comme une entité quand nous considérons les choses de cette façon.

Vingt billets plus tard, consacrés à la fascination que le monde des insectes a exercée et exerce encore sur les musiciens, force est de constater que le sujet, et les références qui l’illustrent, sont loin d’avoir atteint leurs limites.
Auraient naturellement trouvé leur place sur ces pages « Le grillon » de Ravel adossé à un texte de Jules Renard, celui, sautillant, de Georges Bizet, sur un poème de Lamartine, ceux, romantiques, réfugiés dans le piano de Alan Hovaness et dans le chant desquels s’évanouit une chanson d’amour, « La mouche », qui écrit son journal tragique sur le clavier du piano de Bartók, « Le frelon brun » (Brown Hornet) tournoyant, ivre de jazz , autour de la trompette emblématique de Miles Davis, ou encore, très proche de nous, le défilé vivant et coloré des insectes de toutes sortes qui paradent entre les instruments à vents de l’orchestre d’harmonie réuni autour de la partition « The bugs » (les insectes) du compositeur américain Roger Cichy, pour ne citer que ces absents-là…

Mais, la saison bénie du soleil arrivant à son terme et le danger que le plaisir devienne obsession menaçant, il fallait trouver une conclusion, fût-elle temporaire et symbolique, à cet amusant inventaire entomo-musicologique que chacun pourra poursuivre à sa guise.

Pour la circonstance une œuvre s’est imposée :

L’herbe écoute (19) – Tarentule /3

Theraphosidae

Peu de risque, dans l’intimité des salons de musique, de se faire mordre par une tarentule, et partant, d’y surprendre quelques danseurs aux pieds nus sautillant jusqu’à la transe. Cela ne signifie nullement pourtant que la Tarentelle n’aura pas trouvé sa place dans l’atmosphère feutrée des lieux ni qu’elle y aura perdu son entrain et sa bonne humeur, en abandonnant un peu de sa mythologie.

À quoi la musique fait appel en nous, il est difficile de le savoir. Ce qui est certain, c’est qu’elle touche une zone si profonde que la folie elle-même n’y saurait pénétrer.

L’herbe écoute (18) – Tarentule /2

Caribena versicolor

La musique, les rythmes, la danse et ses sources multiples, la légende, tout dans la tarentelle des villages était fait pour séduire les compositeurs et chorégraphes. Ils ne tarderont pas à l’intégrer dans leurs créations. Et voilà que, grâce à Tchaïkovski, Rossini, Chopin, Balanchine, entre autres, cette joyeuse exultation populaire va conquérir les scènes des grands théâtres, pour le bonheur de tous :

« Anyuta » est un ballet en deux actes d’abord créé pour la télévision soviétique en 1982 avant d’être adapté pour la scène. L’œuvre est une fusion réussie de la danse classique et d’une narration théâtrale émouvante, inspirée d’une nouvelle de Tchekhov, « Anne au cou ».

Rossini écrit cette pièce en 1835 sur des paroles du librettiste Carlo Pepoli, pour un cycle de mélodies inspirées de thèmes folkloriques, « Soirées musicales ». Les transcriptions pour orchestre d’abord, pour piano seul par Franz Liszt ensuite, et l’intégration de l’œuvre par Ottorino Respighi dans un de ses ballets provoquent l’immense succès de « La Danza », qui ne s’arrêtera pas avec le temps – en témoigne notre cinéma.

En 1841 Chopin écrit sa « Tarantella » pour piano en écho à « La Danza » de Rossini qui séduit définitivement le public.

L’herbe écoute (17) – Tarentule /1

Une injonction vitale née d’une d’une croyance populaire ancrée dans la peur. Au Moyen Âge, dans la région des Pouilles en Italie, les paysans pensaient que la morsure de l’araignée tarentule (Lycosa tarentula) provoquait une maladie, le tarentisme. Ses symptômes : prostration, anxiété, douleurs et convulsions, capables de provoquer la mort. La seule manière d’en guérir, selon la tradition, était de se livrer à une danse frénétique jusqu’à l’épuisement total. Mais encore fallait-il, selon la légende, pour que cesse l’effet du venin, que la danse plût à la grosse bête.

La Tarentelle était née. Et pour accompagner cette frénésie de piétinements et de soubresauts destinés à mimer jusqu’à la transe les mouvements désordonnés de l’araignée, la musique. Indispensable musique et son rythme effréné porté par les tambourins, accordéons, guitares, fifres et autres mandolines.

L’effrayante tarentule trouvait ainsi sa voie royale vers la postérité, la grande porte de la musique. Avec le temps, les tarentelles populaires et campagnardes, perdant leur intention mystique originelle, deviendront musiques de fêtes, ballades sentimentales, parfois mélancoliques, sur des rythmes moins endiablés.
Cette danse entrainante, avec toutes ses variantes régionales, devenue l’expression de l’identité culturelle du sud de l’Italie, ne tardera pas à inspirer les compositeurs classiques – et chorégraphes – qui transporteront cette musique joviale et gaillarde des places de villages jusqu’aux salons huppés et aux scènes prestigieuses.

Une forme moins agitée de Tarentelle, plus mélodique et poétique. Pièce emblématique du répertoire populaire. Ses paroles en dialecte local, racontent une histoire d’amour courtoise et passionnée. C’est un dialogue entre un homme qui exprime son amour et sa souffrance, et la femme qui lui répond. La musique cherche à créer une atmosphère à la fois joyeuse et mélancolique, oscillant entre l’ardeur du désir et la tristesse de l’éloignement.

Tarentelle en scène

Tarentelle à la chambre

Parlez-moi d’amour – 8 – Amour refusé

N’oublie jamais l’enfant aux racines gorgées des sucs
mystérieux des pavots de la nuit, déchiré par la peur
de quitter son domaine, n’oublie jamais l’enfant,
visage de ma peine.

Car il est tant de voix sous la soie de ma gorge,
tant d’oiseaux, de vautours, de pies et de mésanges
que je ne sais jamais si le champ que je forge
m’est dicté par le fer, le feu ou le silence.

Pourtant mes fleurs voraces font patte de velours
aux inconnus qui passent, des larmes dans les yeux.
Pouvais-je me donner alors à un amour
qui n’aurait frissonné que sous mes mains humaines ?

Ma petite clé d’or, mon pain, ma glace bleue,
col de cygne, tête vide, épuisant Sahara,
je veux faire de toi une étonnante vigne où je pourrais cueillir
ton âme grain à grain.

Amour, entends pleurer sur toi les fruits mortels d’un désarroi
plus grand encore d’être sans cause.
Je n’ai plus rien à dire.
Mes plaies crient sous le sel.
Les questions sont pour l’homme,
les ciseaux pour les roses.

. / .

L’herbe écoute (16) – La puce

Singe médecin épuçant un chat

Je suis un minuscule parasite suceur de sang, à peine visible entre les poils de votre gros chat ou dans les joints d’un parquet. Malgré ma solide réputation de sauteur – je peux sauter jusqu’à 150 fois ma taille – on utilise souvent mon image pour souligner la petitesse ou l’insignifiance, voire pour se moquer. Rien chez moi, au demeurant, qui pût me laisser espérer faire carrière en poésie, au théâtre ou même inspirer une chanson. Difficile, n’est-ce pas, de rivaliser avec le fier papillon ?

Et pourtant, moi, la puce :

J’ai inspiré un poète de la Renaissance, Jean Antoine de Baïf. Il a écrit une ode, coquine certes, dans laquelle un séducteur prétend que je me suis réfugiée dans son oreille et que rien n’apaise les effets désagréables de ma morsure… sauf, peut-être, la caresse de sa belle amie.

Mais, ce n’est pas tout, deux compositeurs du temps, et pas des moindres, le franco-flamand Roland de Lassus (Orlando di Lasso) et le français Claude Le Jeune, m’ont gratifiée, l’un et l’autre, d’une mise en musique de ce poème.

Au XVIIIème siècle aussi la musique m’a offert une heure de gloire : Joseph Bodin de Boismortier a composé une petite pièce de clavecin pour me faire allègrement sauter sur le clavier. Comme ça :

Et – il faudra bien me croire -, le grand Goethe, oui ! Johann Wolfgang von Goethe lui-même, m’a convoquée, moi, la puce, au beau milieu de son Faust pour que j’illustre, non sans humour et sarcasme, à travers le propos de Méphistophélès, le ridicule de la vanité humaine et des extravagances du pouvoir.

Ce « Flohlied », cette « Chanson de la puce », dans laquelle on me pare avec bouffonnerie des habits de courtisan et de ministre, aura inspiré Beethoven, Berlioz, Wagner, Moussorgski, Busoni et peut-être d’autres compositeurs encore. Seul Gounod aura préféré confier à un veau l’absurdité de la situation. Les mauvaises langues diront que le rôle est peu flatteur, certes, mais une puce pour servir le diable, quel honneur !

Outre Beethoven (Flohlied op. 75 no 3), Wagner (Es war einmal ein König) la fait sautiller par des lignes en zigzags qui se retrouvent chez un Moussorgski privilégiant l’élément grotesque, tandis que Busoni mise sur un effet circulaire et une accélération du rythme. A l’orchestre, Berlioz joue de brusques ‘double forte‘ (effet de piqûre là encore), d’accents appuyés, de cordes mordantes, de pizzicatos…

Et toujours sur le même texte de Goethe :

L’herbe écoute (15) – Papillons / X

Dans notre France en bascule entre XIXème et XXème siècles, les courants musicaux passent et se métamorphosent, les sensibilités mutent, l’esthétique des formes se renouvelle, se modernise. Demeurent les thématiques et les symboles : Amour, Beauté, Mort. Ne les dit-on pas éternels ? Nul donc ne s’étonnerait de retrouver encore, insouciant philosophe, notre papillon virevoltant autour du piano de Debussy ou butinant un Si bémol sur une portée de Gabriel Fauré.

Une fleur déclare au papillon son amour et lui confie ses tourments. Qui se ressemble s’assemble, mais…

Et nous nous ressemblons, et l’on dit que nous sommes
Fleurs tous deux !

Cette petite pièce est commandée à Fauré par son éditeur qui souhaitait qu’elle fût brillante, virtuose, difficile mais lyrique. Fauré s’exécuta, la pièce fut enregistrée au catalogue en septembre 1884. Mais le compositeur et l’éditeur ne pouvant s’accorder sur le titre, l’œuvrette resta dans un tiroir. Ce n’est qu’en 1898 que Gabriel Fauré en permit la publication sous le titre « Papillon ».

Le musicologue Jean-Michel Nectoux rapporte que Fauré accompagna son approbation de cette phrase à destination de l’éditeur : « Papillon ou mouche à m…, mettez ce que vous voulez ! » 

D’aucuns auraient peut-être choisi « Vol du bourdon », non sans préciser – rigueur musico-entomologique oblige – « à la française ».  Comparaison n’est pas raison, mais…

Le court poème « Les papillons », extrait de « La comédie de la mort », recueil publié en 1838 par Théophile Gauthier, aura reçu les faveurs musicales d’Ernest Chausson et de Claude Debussy. La « Mélodie Française » pouvait-elle être mieux servie ?

L’herbe écoute (14) – Papillons/IX

Thème du ballet : Une histoire de fée, de magie et d’amour. Une servante, transformée en papillon par une fée maléfique, est finalement libérée de son sort et peut épouser le prince qu’elle aime.

La « Valse du papillon », encore appelée « Valse des rayons », accompagne dans le ballet les envolées gracieuses de la ballerine. Un moment de musique pleine de légèreté, d’élégance et de vivacité, caractéristique du style d’Offenbach. Le succès de cette valse la rendra indépendante du ballet originel ; elle deviendra une pièce de concert à part entière, offrant au vers célèbre de Musset un nouvel horizon : « La valse d’un coup d’aile a détrôné la danse ». (Que l’auteur et le lecteur me pardonnent !)

– Tourbillonnons, voulez-vous ? Une valse pour effacer le temps…

Où t’envoles-tu, si frêle
Petit papillon léger ?

Massenet est depuis longtemps reconnu comme maître de l’opéra lorsqu’il écrit ces deux pièces pour piano. Sa musique ici cherche à traduire des impressions et laisse déjà entendre la transition de l’époque romantique vers l’impressionnisme cher à Debussy.

L’herbe écoute (13) – Papillons / VIII

Georges Brassens, ce grand monsieur bien sympathique, un peu bourru, œil profond, moustache épaisse et guitare grivoise, qui jadis – il n’y a pas si longtemps – parlait et écrivait notre langue comme un académicien un tantinet encanaillé, aurait-il capturé tous les papillons qui pendant des siècles avaient choisi d’égayer les partitions des musiciens français ?

Il est vrai qu’aujourd’hui le vol à la mode est le vol à mains armées, et que la balle de kalachnikov sonne plus fort que l’éternuement d’un papillon.

C’est pourtant aux français, parmi tous les compositeurs européens des siècles précédents, de la période baroque jusqu’au début de la modernité en passant par l’ère romantique, que le papillon doit sa part musicale la plus riche. Tant de leurs œuvres ont mis le bel insecte à l’honneur : arias d’opéras, musiques de ballet, chansons populaires, pièces instrumentales diverses et, – merveilles de la « Mélodie Française » -, romances suaves destinées à accompagner les poèmes que sa grâce et sa symbolique auront inspirés.

André Campra 1660-1744
« Chanson du papillon »
(extrait des « Fêtes Vénitiennes » – opéra-ballet)
Kaja Eidé Noréna
(soprano)

Jean-Philippe Rameau 1683-1764
« Papillon inconstant »
(« Les Indes Galantes » / 1735 – extrait)
Melissa Petit
(soprano)

Les Talens Lyriques
Direction : Christophe Rousset 

L’herbe écoute (12) – Papillons / VII

On ne s’étonnera pas que les musiciens espagnols aient plus volontiers salué les taureaux que les papillons, confiant leurs improvisations à de rares instruments bien peu communs.

Les compositeurs anglais, pour leur part – discrète cependant – ont été un peu plus attentifs à notre lépidoptère, le faisant apparaître en filigrane dans certaines de leurs œuvres comme Britten dans sa pièce pour enfant « The Little Sweep » (Le Petit Ramoneur), ou Arnold Bax dans quelques pièces pour piano inspirées du monde celtique. Haendel au XVIIIème siècle et Frederic Hymen Cowen au début du XXème auront accordé un bel intérêt à ce cher papillon.

L’herbe écoute (11) – Papillons / VI

A l’évidence la délicatesse, la légèreté et la fragilité du papillon ont particulièrement enchanté les compositeurs italiens pour qu’ils nous enchantent eux-mêmes à leur tour. Baroques ou romantiques c’est au cristal de la voix de soprano qu’ils ont confié l’évocation sonore du gracieux insecte, ou, à défaut, à l’aérienne agilité de la flûte.

Antonio Vivaldi (1678-1741)
« La farfaletta s’aggira al lume » – RV 660
Cantate pour soprano – Aria I
Arianna Vendittelli (soprano)
Andrea Buccarella dirige l’Abchordis Ensemble

Antonio Vivaldi (1678-1741)
« La farfalletta audace »
Aria pour voix et basse continue d’un opéra non identifié. RV 749.6
Simone Kermes (soprano) 
Venice Baroque Orchestra – Direction Andrea Marcon

Vincenzo Bellini (1801-1835)
« La Farfalletta » 
Mélodie extraite des Composizioni da camera
Juliette Mey (soprano) – Payaka Niwano (piano)