
Hôtel des voyageurs
Hôtel des voyageurs
La fenêtre ouvre sur le ciel
Bleu soleil,
renversant
On y lit le vertige, et la fascination
des blancs bateaux glissant dans la lumière
Dedans est l’espace du cœur,
l’intime centre de la vie,
peut-être le bonheur
Nous habitons cette chambre furtive,
lieu d’étreintes sans lendemains
Dehors est l’inconnu
L’amour est dérisoire, face à la mer,
souveraine et brutale
avec tous ses pillards
Elle entre en toi,
te déchiquette
La mer,
pourvoyeuse de désespoir
La chambre rétrécit
L’espace du recueillement s’étiole
Jusqu’au petit matin
nous serons sans mémoire
L’amour est illusoire
Hôtel des voyageurs
De quel voyage sommes-nous ?
Quelle aventure ?
Mésaventure ?
Nos caresses n’empêchent pas l’obscur
qui gagne peu à peu
Je voudrais habiter l’univers,
abolir le dedans, le dehors,
rire aux étoiles
et trouver le point d’orgue
Je n’ai que cette chambre
Hôtel des voyageurs

Colette Gibelin

Pure merveille…
Et le poème et ta mise en voix et en images…
Totalement conquise…
Merci Lélius…
J’aimeAimé par 1 personne
Merci d’avoir apprécié !
Ce n’est évidemment pas à toi que j’expliquerai combien le poème seul est important. Le reste est simple affaire de perception, de sensibilité. La matière est déjà créée. Seule l’écriture est confrontée au vide, n’est-ce pas ?
J’aimeAimé par 1 personne
Très beau poème. Pour moi qui termine un beau voyage, cela me parle fort. Merci Lelius
J’aimeAimé par 1 personne
En effet ce poème est bien plus profond qu’il n’y parait… Comme souvent la poésie de Colette Gibelin.
Le voyage, bien sûr, ne se limite pas à la géographie, n’est-ce pas ?
Merci !
J’aimeAimé par 1 personne
Le voyage est intime et va de zéro à l’infini. Mais même à 2500 km parfois on ne voyage que peu si on n’est pas disponible pour ressentir.
Bonne journée
J’aimeAimé par 1 personne
Je ne sais plus qui disait ceci avec humour et justesse : On fait le tour du monde à la recherche de quelque chose et puis on rentre chez soi pour le trouver.
« Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage… » n’a décidément pas pris une ride.
Bonne journée !
J’aimeJ’aime
Très beau et profond. Et bien sûr je pense à Reggiani.
J’aimeAimé par 1 personne
Merci pour ce bel accueil ! La poésie de Colette Gibelin le mérite vraiment.
Merci aussi pour ta très amicale générosité… Reggiani ! Rien que ça… 😊
J’aimeJ’aime
Merveille… Merci Lelius…
J’aimeAimé par 1 personne
Merci à vous Francine ! C’est surtout le talent et la sensibilité de Colette Gibelin qui doivent être salués.
J’aimeAimé par 1 personne
Un magnifique poème, votre voix, la musique et les peintures d’Edward Hopper qui correspondent parfaitement au texte. On se laisse emporter… Merci Lelius.
J’aimeAimé par 1 personne
Merci à vous chère Domi pour cette aimable appréciation. Je me réjouis de savoir que ma petite composition vous a transportée. Mais le vrai mérite appartient à Colette Gibelin. Rien n’existerait sans les évocations sensibles du poème.
J’aimeAimé par 1 personne