Flâner entre le rêve et le poème… Ouvrir la cage aux arpèges… Se noyer dans un mot… S'évaporer dans les ciels d'un tableau… Prendre plaisir ou parfois en souffrir… Sentir et ressentir… Et puis le dire – S'enivrer de beauté pour se forcer à croire !
Reviens : J’inventerai une cinquième saison pour nous seuls, Où les huîtres auront des ailes, Où les oiseaux chanteront du Stravinsky Et les hespérides en or Mûriront aux figuiers
Je changerai tous les calendriers, Où manqueront les dates de tes anciens rendez-vous, Et sur les cartes de l’Europe J’effacerai les routes de tes fuites.
Reviens : Le monde renaîtra Les boussoles auront un nouveau Nord Ton cœur !
La poésie de Barbara Auzou jumelle la grâce fragile d’un papillon et l’état d’être du visionnaire.
Ile Eniger – Préface de Grand comme – éditions unicité / 2024
Grand comme (extraits : pages 94 à 96)
vivre au fond est une énigme sur une route d’herbes et d’encres sauvages nous avons grandi trop vite dans d’illusoires jardins aux lèvres nos harmonicas comme seuls accordéons de voyage
on nous a dit il n’y a rien dans l’orbite des pierres passez votre chemin on nous a dit la rose évasive s’évanouit au matin soyons quittes on nous a dit que l’invasion du lierre étouffait l’amour et la peau de chagrin que la rosée excite
on a feuilleté herbiers et dictionnaires cherchant à comprendre en vain la belle inquiète son parfum de romarin sa beauté ordinaire qui s’invite parfois en nos mains pourtant une étoile au loin s’accroche à son dernier empire assommée de petit matin et elle t’empoignera tout à l’heure par les pans de ta veste par les plis de ton cœur et par les très longs cheveux de la conscience claire tu verras alors danser sans la moindre peine tout ce que la vie promet de mort et les formidables efforts pour la combler depuis le premier jour
Vieillir c’est organiser sa jeunesse au cours des ans.
Paul Eluard – Poésie ininterrompue
Poésie ininterrompue – extrait –
Hier c’est la jeunesse hier c’est la promesse
Pour qu’un seul baiser la retienne Pour que l’entoure le plaisir Comme un été blanc bleu et blanc Pour qu’il lui soit règle d’or pur Pour que sa gorge bouge douce Sous la chaleur tirant la chair Vers une caresse infinie Pour qu’elle soit comme une plaine Nue et visible de partout Pour qu’elle soit comme une pluie Miraculeuse sans nuage Comme une pluie entre deux feux Comme une larme entre deux rires Pour qu’elle soit neige bénie Sous l’aile tiède d’un oiseau Lorsque le sang coule plus vite Dans les veines du vent nouveau Pour que ses paupières ouvertes Approfondissent la lumière Parfum total à son image Pour que sa bouche et le silence Intelligibles se comprennent Pour que ses mains posent leur paume Sur chaque tête qui s’éveille Pour que les lignes de ses mains Se continuent dans d’autres mains Distances à passer le temps
Si, dans 365 jours, nous pouvons, les uns et les autres, employer à propos de notre année 2018 finissante, les mêmes qualificatifs que ceux que nous inspire cette charmante scène du célèbre ballet « Casse-Noisette », dansée avec autant de fraicheur que de talent par cette jeune ballerine, assurément graine de danseuse étoile, incarnant le personnage de la petite Masha – encore nommée Clara ou Maria, selon le pays d’où l’on vient – mes vœux d’aujourd’hui n’auront pas été vains.
Comme elle nous aurons :
Θ ressenti la paix et la légèreté heureuse de l’enfance ;
Θ retrouvé la joie de nous émerveiller de la simplicité des choses pour mieux nous enivrer des beautés du monde ;
Θ su faire jaillir de nous le talent et la grâce qui conduisent au succès nos projets les plus fous ;
Θ dompté nos craintes et réveillé le courage et l’énergie qui triomphent des inévitables fâcheux ;
Θ dédaigné avec humour ou espièglerie, pour mieux les écraser, les contrariétés qui parfois nous assaillent ;
Θ et nourri, pour illuminer nos lendemains, les mille promesses flatteuses dont nous sommes porteurs.
Mais, à l’instar de ce bienveillant grand-père vis à vis de sa petite-fille, nous aura-t-il fallu, nous aussi, veiller assidument sur les premiers pas de notre nouvel an.
Puissions-nous tous caresser en 2018 le bonheur que nous méritons !