Sérénades / 11 – Hispánica

La sérénade semble avoir trouvé son lieu d’accomplissement naturel dans l’imaginaire musical hispanique. L’Espagne y cristallise immédiatement un ensemble de représentations codifiées : la guitare, les nuits ardentes, le théâtre de la passion. Qu’un amoureux, dans la nuit caraïbe d’un roman colombien, décide de troquer sa guitare pour un violon ne changera rien à la réalité du cliché.
Cliché ô combien renforcé par les évocations fascinées et parfois fantasmées des compositeurs étrangers. La musique française n’en offre-t-elle pas une illustration exemplaire avec Debussy, Ravel, Chabrier ou Lalo… surtout si l’on considère que certains d’entre ces grands compositeurs qui ont produit les œuvres les plus « espagnoles » du répertoire n’avaient qu’une connaissance sommaire de l’Espagne ?

La vision extérieure :

– Les compositeurs espagnols :

– La sérénade hispano-américaine :

On pourrait évoquer la sérénade dans la tradition mexicaine (la sérénade populaire, les mañanitas) ou les compositeurs comme Heitor Villa-Lobos (bien que brésilien, donc lusophone) qui, dans ses Bachianas brasileiras, retravaille des atmosphères nocturnes comparables, ou encore Agustín Lara, dont les chansons romantiques prolongent au XXème siècle la sérénade populaire dans un langage plus proche de la chanson que du concert, et, et…
Dans un autre billet, peut-être ?