Fulgurances – XXXII – Même Lui… ?

Gustave Doré – Bible illustrée

.« Un jour où je doutais de moi », dit Dieu,
« je suis allé chez mon ami Shakespeare,
puis je me suis rendu
au domicile de Rembrandt,
qui se peignait couvert de rides.
Avant de retrouver mon royaume incertain,
j’ai salué l’enfant Mozart,
à qui j’ai apporté
un clavecin tout neuf.
Ces trois visites m’ont suffi
pour m’accepter un peu. »

Alain Bosquet 1919-1998

 

in Le tourment de Dieu (Gallimard -1986)

Ode à la manivelle

Dans un siècle dont tant de livres disent les noirceurs alors que ne s’y opposent souvent que des simplismes à la ‘Coué’, l’œuvre de Dhôtel s’avance un peu seule et sans tapage vers cette raie de lumière sous la porte qu’il y a au fond de chacun de nous.

Jean Grosjean

Ode à la manivelle

Le joueur d’orgue
de barbarie monologuait :
« Puisque vous ne comprenez rien
je dois tout vous expliquer.

En haut de mes gammes les coquelicots
vers le milieu les bleuets
en profondeur les roses noires.
Mais les fleurs toutes ensemble
ne sont là que pour éclairer
les lignes vives de l’amour.

Sur la première portée
s’impriment les pieds nus
de la fille irremplaçable.
La seconde garde le reflet
de ses charmes et sourires
tandis qu’au fond de l’azur fin
après cent tours de manivelle
dans un silence apparaît
son ravissant corps dévêtu… »

André Dhôtel 1900-1991

 

 

in Poèmes comme ça (Editions Le temps qu’il fait)

Tour de manivelle

« – et de quel instrument jouez-vous monsieur
qui vous taisez et qui ne dites rien ? »

L’orgue de Barbarie

« Moi le joue du piano
disait l’un,
moi le joue du violon
disait l’autre,
moi de la harpe moi du banjo
moi du violoncelle
moi du biniou … moi de la flûte
et moi de la crécelle. »
Et les uns les autres parlaient parlaient
parlaient de ce qu’ils jouaient.
On n’entendait pas la musique
tout le monde parlait
parlait parlait
personne ne jouait
mais dans un coin un homme se taisait :
« et de quel instrument jouez-vous monsieur
qui vous taisez et qui ne dites rien ? »
lui demandèrent les musiciens.
« Moi je joue de l’orgue de Barbarie
et je joue du couteau aussi »
dit l’homme qui jusqu’ici
n’avait absolument rien dit
et puis il s’avança le couteau à la main
et il tua tous les musiciens
et il joua de l’orgue de Barbarie
et sa musique était si vraie
si vivante et si jolie
que la petite fille du maître de la maison
sortit de dessous le piano
où elle était couchée endormie par ennui
et elle dit :
« Moi je jouais au cerceau
à la balle au chasseur
je jouais à la marelle
je jouais avec un seau
je jouais avec une pelle
je jouais au papa et à la maman
je jouais à chat perché
je jouais avec mes poupées
je jouais avec une ombrelle
je jouais avec mon petit frère
avec ma petite sœur
je jouais au gendarme
et au voleur
mais c’est fini fini fini
je veux jouer à l’assassin
je veux jouer de l’orgue de Barbarie. »
Et l’homme prit la petite fille par la main
et ils s’en allèrent dans les villes
dans les maisons dans les jardins
et puis ils tuèrent le plus de monde possible
après quoi ils se marièrent
et ils eurent beaucoup d’enfants.
Mais
l’aîné apprit le piano
le second le violon
le troisième la harpe
le quatrième la crécelle
le cinquième le violoncelle
et puis ils se mirent à parler parler
parler parler parler
on n’entendit plus la musique
et tout fut à recommencer !

Jacques Prévert – Paroles (1946)

Enchantements du dialogue

Joaquin Turina
Espagne 1882-1949

Je suis un pur Sévillan qui ne connut Séville que lorsqu’il en fut parti. Effet d’ailleurs mathématique, car il est aussi nécessaire pour un artiste de s’expatrier pour bien connaître son pays que, pour un peintre, de reculer de quelques pas afin d’embrasser la totalité de son tableau.

 

‘Rapsodia sinfonica’ (1931)

– Pour le dialogue entre deux cultures, hispanique et française, qui se rejoignent dans le parcours de Joaquin Turina, partagé entre sa ville natale, Séville, et Paris, la ville de ses études musicales à la Schola Cantorum de Vincent d’Indy et de ses rencontres – inoubliables évidemment – avec Debussy et Ravel…

– Pour l’entente heureuse entre rythmes populaires enlevés et mélodies sensuelles tout droit venus du Flamenco andalou, et orchestration raffinée inspirée des compositions classiques européennes…

– Pour la relation intime qu’instaure entre le piano et l’orchestre la partition d’un concerto – qui, pour conserver toute sa liberté d’expression, ne dit pas son nom -, véritable chorégraphie sonore d’un pas de deux symphonique…

– Pour la qualité du dialogue subtile entre les musiciens de la Camerata Filarmónica Latinoamericana et leur cheffe Grace Echauri

– Pour le mariage enchanteur, aristocratique, de l’élégante virtuosité de Maria Dolores Gaitán avec l’incomparable distinction des sonorités de son piano Bösendorfer.

Les Nations, pour raviver leur « concert », ne devraient-elles pas pratiquer plus assidument le dialogue musical ?

Pink music

Maman, steuplait, on peut regarder un dessin animé ? Steuplait ! Steuplait !

– Non les enfants, pas maintenant ! Faites d’abord vos exercices de contrebasse et, si vous avez bien travaillé, nous verrons… ! D’ailleurs votre professeur Božo Paradžik vous attend dans le jardin…

Les garnements se mettent donc au travail, l’esprit tout entier occupé par la future récompense… et, si la qualité de l’effort s’entend, le message aussi :

Alors, chose promise, chose due :

Allez, tous devant l’écran, La Panthère rose vous attend… en musique, bien sûr !

Fulgurances – XXXI – Bouts de vie

Pour vivre, il faut planter un arbre, il faut
faire un enfant, bâtir une maison.

J’ai seulement regardé l’eau
qui passe en nous disant que tout s’écoule.

J’ai seulement cherché le feu
qui brûle en nous disant que tout s’éteint.

J’ai seulement suivi le vent
qui fuit en nous disant que tout se perd.

Je n’ai rien semé dans la terre
qui reste en nous disant : je vous attends.

in Journal du scribe (Les Éperonniers – 1990)

Liliane WoutersBelgique 1930-2016

Pas rien, pas rien, le petit vent de l’aube,
Le petit rose du petit matin,
Changé en pourpre, en noir, en nuit de taupe.
Je suis la taupe et le ciel est lointain.

Pas rien, pas rien, les flaques sur la plage,
La dune blonde et la blonde clarté,
La mer sans fin et les vagues sans âges,
Nous n’y aurons dansé qu’un seul été.

Pas rien, pas rien, même si l’on décompte
Les vaches maigres, les années de chien.
J’aurai vécu tel jour, telle seconde
C’était trop peu mais ce ne fut pas rien.

in L’aloès (Luneau-Ascot – 1983)

Elle viendra – 19 – Préférence partagée

Emily sait quelque chose que les autres ne savent pas. Elle sait que nous n’aimerons jamais plus d’une poignée de personnes et que cette poignée peut à tout moment être dispersée, comme les aigrettes du pissenlit, par le souffle innocent de la mort. Elle sait aussi que l’écriture est l’ange de la résurrection.

Christian Bobin – La dame blanche (Gallimard / ‘L’un et l’autre’ – 2007)

Kitty Kielland (Norvège 1843–1914) – Un soir à Stokkavannet – 1890.
J’aime mieux me souvenir d’un Couchant
Que jouir d’une Aurore
Bien que l’un soit superbe oubli
Et l’autre réel.
.

Car il y a dans le départ un Drame
Que rester ne peut offrir –
Mourir divinement en une fois le soir –
Est plus aisé que décliner –

Emily Dickinson
Amherst (Massachusetts) 1830-1886

I’d rather recollect a setting
Than own a rising sun
Though one is beautiful forgetting—
And true the other one.

Because in going is a Drama
Staying cannot confer
To die divinely once a Twilight—
Than wane is easier—

in Car l’adieu c’est la nuit – Poésie Gallimard – 2007
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Claire Malroux.

Fulgurances – XXX – Louanges

Barbara Strozzi (Venise 1619 – Padoue 1677)

 

 

O Maria, quam pulchra es,
quam suavis, quam decora.
 
Tegit terram sicut nebula,
lumen ortum indeficiens,
flamma ignis, Arca federis,
inter spinas ortum lilium,
tronum [S]ion in Altissimis
in columna nubis positum.
 
O Maria…
 
Ante sæcula creata
girum cœli circuivit sola,
profundum abissi penetravit.
Et in fluctibus maris ambulavit,
omnium corda virtute calcavit,
et in hereditate Domini morata est.
 
Tegit terram…
O Maria…
 
Alleluia.
Ô Marie, que tu es belle,
que tu es douce, que tu es avenante.
 
Elle enveloppe la terre tel un nuage,
une lumière s’élève infaillible,
une flamme, un feu, l’Arche d’Alliance,
un lys poussé parmi les épines,
le trône de Sion placé au plus haut
dans une colonne de nuée.
 
Ô Marie…
 
Avant la création des siècles,
elle a parcouru les confins du ciel,
et a pénétré les profondeurs de l’abîme.
Elle a marché sur les flots de la mer,
foulé avec vertu le cœur de tous,
et persévéré dans l’héritage du Seigneur.
 
Elle enveloppe la terre…
Ô Maria…
 
Alléluia.

*Petit commentaire sur Perles d’Orphée

 

Charmante banalité d’automne

Il n’est pas d’art vrai sans une forte dose de banalité.
Celui qui use de l’insolite d’une manière constante lasse vite, rien n’étant plus insupportable que l’uniformité de l’exceptionnel.

Cioran – De l’inconvénient d’être né – 1973

Il me fallait bien ce solide encouragement de mon cher Cioran pour m’autoriser à ressortir des cartons – pour autant qu’elle y soit un jour entrée – cette banalité si éternellement charmante, « Les feuilles mortes ». qu’écrivit jadis Prévert sur une musique de Kosma, pour le film de Marcel Carné en 1946, « Les portes de la nuit » : 

C’est le Destin, incarné par Jean Vilar, rôle central et énigmatique, catalyseur des évènements, maître du temps et symbole de l’inexorable, qui entonne le thème à l’harmonica…

Quelqu’un ne prétendait-il pas qu’écrire, c’est transformer des abîmes de banalités en sommets mythologiques. S’il en fallait un témoignage…
Quel chemin en presque 80 ans, depuis le zinc d’un bistro parisien, pour ces « Feuilles mortes » que le vent du Nord a emportées certes, mais assurément pas dans la nuit froide de l’oubli. A travers la planète entière les déposant sur toutes les lèvres, et entre les doigts de tous les musiciens de tous les styles, indifférentes aux modes et aux temps. Simple banalité poétique et musicale, extraite d’un film mal accueilli à son époque, devenue succès planétaire, mythique.

Le Jazz n’a pas attendu pour les ériger en standard, tant de fois repris. Elles étaient il y a peu au Japon, et c’est entre batterie, piano et contrebasse qu’on les a surprises virevoltant au rythme des excellents musiciens du Osaka Jazz Channel.
Charmantes toujours nonobstant leurs humeurs :

Introverties : avec Yuka Yanagihara au piano, Yuu Miyano à la contrebasse, et à la batterie Takashi Kuge, animateur de la chaîne.

Extraverties : avec Yuu Miyano à la contrebasse, Takashi Kuge à la batterie, et Saori Kobayashi au piano

Fulgurances – XXIX – Sens

François Cheng

Le diamant du lexique français, pour moi, c’est le substantif « sens ».
Condensé en une monosyllabe – sensible donc à l’oreille d’un Chinois – qui évoque un surgissement, un avancement, ce mot polémique cristallise en quelque sorte les trois niveaux essentiels de notre existence au sein de l’univers vivant : sensation, direction, signification.

Le dialogue : Une passion pour la langue française
Desclée de Brouwer (2002)

Paroles de mime

Adore ton métier, c’est le plus beau du monde !
Le plaisir qu’il te donne est déjà précieux,
Mais sa nécessité réelle est plus profonde…
II apporte l’oubli des chagrins et des maux,
Et ça, vois-tu, c’est encor mieux !
C’est mieux que tout, c’est magnifique et tu verras,
Tu verras ce que c’est qu’une salle qui rit,
Tu l’entendras !
Ça, c’est unique, mon chéri !

Jean-Gaspard Deburau 1796-1846 par Arsène Trouvé

Derrière son maquillage livide, Jean-Gaspard Deburau, né à la fin du XVIIIème siècle à Amiens, de l’union d’une mère venue de Bohème et d’un soldat français, faisait le plaisir et l’admiration des « naïfs et des enthousiastes », comme il aimait à qualifier avec  humour et gentillesse son fidèle public du ‘Théâtre des Funambules’, qui venaient rire aux facéties et mimiques du personnage de Pierrot qu’il avait créé.

Sacha Guitry 1885-1957

Comment l’amoureux inconditionnel du théâtre et du métier de comédien qu’était Sacha Guitry, aurait-il pu résister à l’envie d’incarner cet illustre personnage capable de réaliser chaque soir avec le même bonheur cette performance éminemment difficile, gageure des gageures : entraîner une salle dans le rire ?

En février 1918, le ‘Théâtre du Vaudeville’ met à l’affiche une pièce signée Sacha Guitry : « Deburau ». Un orchestre, pour accompagner les comédiens, y joue la musique composée par André Messager.

Sa production nombreuse pour le théâtre n’empêche pas Guitry, à partir des années 1930, d’être définitivement gagné par le cinéma. En 1951, le comédien-dramaturge devenu réalisateur décide de mettre sa pièce en images et écrit un scénario dans lequel le célèbre mime Deburau, époux modèle résistant fièrement aux mille sollicitations de ses admiratrices, finit par s’éprendre, amour impossible, d’une dame portant camélia à la ceinture.

Le rôle, certes, n’est pas en manque de texte ;  trop de paroles, peut-être, proposées à un mime pour qui seul le rire a droit de déchirer le silence. Mais quand l’alexandrin surgit de l’encrier d’un Sacha Guitry auteur prolifique au verbe affûté et qu’il nous parvient à travers la voix et le jeu emblématiques d’un Sacha Guitry comédien brillant aux mille facettes… qui s’en plaindrait ?

Ce rôle, très empreint du romantisme qui envahit la vie du Maître à cette époque – il souffre physiquement et reste encore très affecté par les injustes attaques portées contre lui à la  Libération – Guitry le voulait comme son testament spirituel.
Et c’est, sans conteste, dans l’admirable monologue de Deburau exaltant le métier de comédien à travers les conseils qu’il prodigue à son fils s’apprêtant à entrer en scène pour lui succéder, que Sacha Guitry exprime en toute sincérité cet amour de la scène qui le représente tant.

Magnifique leçon d’un Pierrot à qui l’on pardonne volontiers de parler autant, et nouvelle occasion de regretter que sa voix se soit tue.

Trois bonbons

Reynaldo Hahn 1874-1947

Je me vouvoie toujours quand, en colère, je m’en prends à moi-même. Car c’est bien trois douceurs, en effet, que j’ai saisies dans la bonbonnière du très élégant Reynaldo Hahn que Marcel Proust a tant aimé. Non pas celle que j’ai déjà fouillée si souvent, consacrée aux admirables mélodies qu’il a composées autour des poèmes de Verlaine, Hugo, Moréas, Coppée et tant d’autres, mais celle où il conserve ses délicieuses et raffinées oeuvres pour piano – piano seul, piano à quatre mains, deux pianos – dans laquelle, au vrai, trop peu de mains se perdent.

Mais, chacun le sait, je suis partageur… Alors, m’étant déjà pardonné moi-même, à votre tour, si je vous fais goûter à mon butin, me pardonnerez-vous ?

A l’ombre rêveuse de Chopin (Premières valses – 1898)
Eric Le Sage – piano

Hivernale (Le rossignol éperdu  / Série IV Versailles – 1899-1910)
Eric Le Sage – piano

Décrets indolents du hasard (Le ruban dénoué, suite de valses à deux pianos – 1915)
Lucas & Arthur Jussen – pianos

Cette série de valses a occupé quelques-uns de mes mornes loisirs en ces derniers mois. Je ne m’en exagère pas la valeur musicale. Mais j’ai tenté d’y fixer des instants qui auront compté dans ma vie. – Reynaldo Hahn

Fuyante vérité du monde…

Ma lecture de ce texte a été déjà publiée sur « Perles d’Orphée » le 15/05/2013
sous le titre : « Tout a-t-il été dit ? »

Philippe Jaccottet
Philippe Jaccottet 1925-2021

Croire que « tout a été dit » et que « l’on vient trop tard » est le fait d’un esprit sans force, ou que le monde ne surprend plus assez. Peu de choses, au contraire, ont été dites comme il le fallait, car la secrète vérité du monde est fuyante, et l’on peut ne jamais cesser de la poursuivre, l’approcher quelquefois, souvent de nouveau s’en éloigner. C’est pourquoi, il ne peut y avoir de répit à nos questions, d’arrêt dans nos recherches, c’est pourquoi nous ne devrions jamais connaître la mort intérieure, celle qui survient quand nous croyons, à tort, avoir épuisé toute possibilité de surprise. Si nous cédons à ce désabusement, bien proche du désespoir, c’est que nous ne savons plus voir ni le monde en dehors de nous, ni celui que nous contenons, c’est que nous sommes inférieurs à notre tâche (…)

Quiconque s’enfonce assez loin dans sa sensibilité particulière, quiconque est assez attentif à la singularité de son expérience propre, découvre des régions nouvelles ; et il comprend aussi combien il est difficile de décrire à d’autres les pas effrayés ou enchantés qu’il y fait.

Philippe Jaccottet in Nuages – Fata Morgana – 2002 

Au-delà…

Les mouvements que Dieu me fait la grâce de mettre en moi, je ne puis les percevoir que dans une abstraction complète, comme ceux qui écoutent la musique les yeux fermés.

Il y a le réel et il y a l’irréel. Au-delà du réel et au-delà de l’irréel, il y a le profond.

Henry de Montherlant – Le maître de Santiago.

‘Beyond Bach’
(composition de Gabriela Montero)

Ksenija Sidorova (accordéon)

Regards croisés : La vie

Andrée Chedid 1920-2011  –  Aimé Césaire 1913-2008

Remous

Toutes ces brumes
Issues de nos chagrins

Tous ces orages
Qui bataillent entre nos tempes

Toutes ces ombres
Qui emmurent l’espérance

Tous ces cris
Qui entravent notre chant

Toutes ces craintes
Qui retiennent nos pas

Toutes les clartés
Qui naissent de ces remous !


Territoires du souffle
(Flammarion – 1999)






C’est quoi une vie d’homme ? C’est le combat de l’ombre et de la lumière… C’est une lutte entre l’espoir et le désespoir, entre la lucidité et la ferveur… Je suis du côté de l’espérance, mais d’une espérance conquise, lucide, hors de toute naïveté.









Entretien dans Présence africaine