Sérénades / 7 – Irrésistible

La « Sérénade pour cordes en mi majeur » – op. 22 de Dvořák est sans doute l’une des plus lumineuses pépites qui aient été offertes à la musique romantique tchèque.

En ce début d’année 1875, ce jeune altiste de trente-trois ans, Antonin Dvorák, tout juste récompensé par une bourse d’état, bien peu connu hors des frontières de Bohème, n’imagine évidemment pas la célébrité promise au grand compositeur qu’il va devenir, ni les difficiles épreuves que la vie lui prépare. Il écrit en quelques jours seulement, cinq mouvements enchantés pour instruments à cordes.
Tout dans cette œuvre est grâce, sourire, bonheur de vivre et fraîcheur mélodique. Idyllique et paisible la musique de la Sérénade coule avec aisance et naturel dans un élan d’immédiateté. Une irrésistible invitation au bonheur simple de l’instant.

Chacun comprendra vite pourquoi la « Sérénade en mi majeur » est l’une des œuvres les plus populaires du compositeur, devenue un modèle du genre, au risque, parfois, d’être négligée pour avoir été trop écoutée…

Peut-être pourrait-on se laisser aller au plaisir de faire aussi de cette « Sérénade » une suite picturale : l’oreille et l’œil, un beau couple !

Isaac Levitan – « Appel du soir » 1892
Camille Claudel – « La valse »
Peter Bruegel l’Ancien – « Danse des paysans »
Paul Émile Chabas (1869-1937) « Femme au bord de la mer »
Mikhaïl Larionov (1881-1964) « Danse russe« 

🎼

Dvorák, quelques années plus tard, en 1878, composera une nouvelle sérénade, pour instruments à vent. L’esprit de cette nouvelle œuvre est très différent, le compositeur, en hommage à Mozart et à la grande tradition de la musique pour vents, ayant choisi une formation instrumentale tout à fait comparable au type d’harmonie qui régnait dans les cours et les jardins viennois du XVIIIème siècle.

Cette « Sérénade pour vents en ré mineur »opus 44 affirme encore plus son identité bohémienne mais abandonne le caractère enjoué de son aînée pour une atmosphère plus profonde et méditative. En atteste la tonalité choisie (ré mineur) qui porte en elle-même cette intention de gravité. Il faudra attendre les rythmes sautés de l’Allegro molto du finale pour que s’estompe ce caractère cérémonieux.

Mais vieillir… ! – 28 – Irrésistible

Personne n’est jeune après quarante ans mais on peut être irrésistible à tout âge.

Coco Chanel

Deux gardénias suffiront à en faire l’heureuse démonstration. Pas « les galants gardénias dans leurs suaves pourpoints », de Raymond Queneau, exposés ici dans leur candeur virginale, mais les « Dos gardenias » de la chanson composée en 1945 par la pianiste cubaine Isolina Carrillo.

« Dos gardenias », incontournable standard de la musique latine, aura attendu le milieu des années 1990 et les tournées mondiales du Buena Vista Social Club Orquesta associé au chanteur Ibrahim Ferrer pour devenir un « tube » international. La chanteuse Omara Portuondo, seule femme à rejoindre le groupe, en fera pour toujours une perle de son répertoire.

C’est un boléro, une chanson d’amour comme tant d’autres, dans laquelle une jeune femme amoureuse exprime sa crainte de voir son bienaimé s’éprendre d’une autre… Deux gardénias, image de pureté et de sincérité, qu’elle offre, symbole de deux baisers échangés, à son amoureux. Deux fleurs qui mourront assurément si elles devinaient que cet amour a été trahi.

Quelqu’un a dit un jour que la vieillesse ne commence que lorsque les regrets prennent la place des rêves. Que dire de cette jeune femme, filmée ici à l’occasion de ses 90 ans, installée dans le désormais légendaire fauteuil d’une certaine « Emmanuelle », les yeux gorgés de cette fraîcheur de la jeunesse et la voix porteuse de ses folles espérances, qui chante « Dos gardenias » ?

Irrésistible Omara !

Dos gardenias para tiCon ellas quiero decirTe quiero, te adoro, mi vidaPonles toda tu atenciónQue serán tu corazón y el mío
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Dos gardenias para tiQue tendrán todo el calor de un besoDe esos besos que te diY que jamás te encontraránEn el calor de otro querer
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A tu lado vivirán y se hablaránComo cuando estás conmigoY hasta creerán que te diránTe quiero
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Pero si un atardecerLas gardenias de mi amor se muerenEs porque han adivinadoQue tu amor me ha traicionadoPorque existe otro querer
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A tu lado vivirán y se hablaránComo cuando estás conmigoY hasta creerán que te diránTe quiero
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Pero si un atardecerLas gardenias de mi amor se muerenEs porque han adivinadoQue tu amor me ha traicionadoPorque existe otro querer
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Es porque han adivinadoQue tu amor me ha traicionadoPorque existe otro querer
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