La mort est notre meilleure amie.
Épicharme (poète grec 540-450 av J.C.)

El suicida
No quedará en la noche una estrella.
No quedará la noche.
Moriré y conmigo la suma
Del intolerable universo.
Borraré las pirámides, las medallas,
Los continentes y las caras.
Borraré la acumulación del pasado.
Haré polvo la historia, polvo el polvo.
Estoy mirando el último poniente.
Oigo el último pájaro.
Lego la nada a nadie.
Poème dit par l’acteur argentin Oscar Martínez

Jorge-Luis Borges 1899-1986
in ‘La rosa profunda‘ – 1975
Le suicidaire
Aucune étoile ne restera dans la nuit
Ni la nuit ne restera.
Je mourrai et avec moi mourra la somme
de l’intolérable univers.
J’effacerai les pyramides, les médailles,
les continents, les visages.
J’effacerai l’accumulation du passé.
Je réduirai en poussière l’histoire,
en poussière la poussière.
Je regarde le dernier coucher de soleil.
J’entends le dernier oiseau.
Je lègue le néant à personne.
Traduction Roger Caillois, Treize poèmes (Éd. Fata Morgana – 1978)

Ce génie aveugle et toujours visionnaire…
La mise en voix est magnifique…
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Mes deux pôles en poésie : Baudelaire et Borges… si semblables et si différents !
Ce poème-ci dit tant de choses en si peu de mots…
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J’aime depuis longtemps Borges, et je suis toujours touché par la manière qu’il a de m’entraîner, avec des mots d’une grande simplicité, vers des abîmes vertigineux. Une autre phrase de lui qui me touche : « Es el amor. Tendré que ocultarme o que huir. » Elle ouvre soudain en moi un immense espace intérieur.
Merci d’avoir mis la version originale espagnole.
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Tant d’univers intérieurs chez Borges !… Impossible de résister à ses appels dont on ne revient jamais tout à fait le même.
Merci de votre aimable visite !
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Oui, chez lui, il y a toujours quelque chose qui me donne le vertige sans jamais hausser la voix. Une écriture qui continue longtemps après sa lecture. Merci
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