Le beau c’est la splendeur du vrai. (Platon)

Le 2 juin dernier, Barbara Auzou publiait sur son blog, ‘Lire dit-elle’, cette petite miniature poétique, « L’ouvrage des jours ». Après m’en être délecté une bonne dizaine de fois jusqu’à « m’approprier » ce poème, je finissais par lui adresser ce commentaire tout à la fois badin et sincère :
S’il te plaît, Barbara, dis que ces mots sont de moi ! Plaisanterie ! j’aimerais tellement les avoir écrits… Mais, les dire, ça je le pourrais… Avec ton accord je le ferai sans doute bientôt.
Alors avec son accord (pour le plaisir, une fois de plus)…
‘ L’ouvrage des jours ‘
L’ouvrage des jours
écoute
écoute la vie
le saut silencieux de sa sauvagerie
quand bien même le lierre cruel de son intransigeance
le grand désordre dans ce qu’il reste d’enfance
écoute
écoute la vie
la vérité a le temps
et le temps donne du prix aux choses
on met ce que l’on veut dedans
une mémoire un poème des brassées de roses
des heures d’ensoleillement encore
et c’est à peine si on entend les rumeurs d’un monde
mort
grincer des dents sur son moyeu
écoute
écoute la vie
la peau fait le cœur
et je t’en couvre pour accueillir le jour
dans le linge fin de la plus grande lumière
