Un tango pour la liberté

Qu’est-ce que la liberté ? Une multitude de points multicolores dans les paupières.

André Breton – « La révolution surréaliste »

Ce tango qui porte si bien son nom, Libertango, comme un hymne à un début de liberté retrouvée après presque deux mois de confinement strict et prudent.

Pareils à nos hésitations craintives au sortir de cette longue attente, une guitare et un accordéon émergent à tâtons de la léthargie dans laquelle on les a plongés malgré eux.
Deux instruments de musique, si différents, qui, comme nous pourrions le faire pour jauger notre confiance, cherchent d’abord prudemment leurs harmonies propres avant de les partager l’un l’autre dans un échange intime, premier rapport de voisinage, prémisse virtuose au ralliement joyeux d’un ensemble de sonorités orchestrales au rythme de l’un des plus beaux et des plus emblématiques tangos du maître Astor Piazzola.

Mais, que la liesse autour d’une liberté retrouvée ne masque pas l’indispensable sagesse que l’humour sait si bien rappeler :

Il faut que l’homme libre prenne quelquefois la liberté d’être esclave.

Jules Renard – « Journal »