
Hôtel des voyageurs
Hôtel des voyageurs
La fenêtre ouvre sur le ciel
Bleu soleil,
renversant
On y lit le vertige, et la fascination
des blancs bateaux glissant dans la lumière
Dedans est l’espace du cœur,
l’intime centre de la vie,
peut-être le bonheur
Nous habitons cette chambre furtive,
lieu d’étreintes sans lendemains
Dehors est l’inconnu
L’amour est dérisoire, face à la mer,
souveraine et brutale
avec tous ses pillards
Elle entre en toi,
te déchiquette
La mer,
pourvoyeuse de désespoir
La chambre rétrécit
L’espace du recueillement s’étiole
Jusqu’au petit matin
nous serons sans mémoire
L’amour est illusoire
Hôtel des voyageurs
De quel voyage sommes-nous ?
Quelle aventure ?
Mésaventure ?
Nos caresses n’empêchent pas l’obscur
qui gagne peu à peu
Je voudrais habiter l’univers,
abolir le dedans, le dehors,
rire aux étoiles
et trouver le point d’orgue
Je n’ai que cette chambre
Hôtel des voyageurs

Colette Gibelin

Pure merveille…
Et le poème et ta mise en voix et en images…
Totalement conquise…
Merci Lélius…
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Merci d’avoir apprécié !
Ce n’est évidemment pas à toi que j’expliquerai combien le poème seul est important. Le reste est simple affaire de perception, de sensibilité. La matière est déjà créée. Seule l’écriture est confrontée au vide, n’est-ce pas ?
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Très beau poème. Pour moi qui termine un beau voyage, cela me parle fort. Merci Lelius
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