Du fond du corps
Il ne dormait pas, il passait des heures aux aguets, finissant par distinguer dans l’enchevêtrement des sons les rumeurs les plus infimes, l’araignée tissant sa toile ou, encore moins perceptible, la lumière ouvrant son chemin à la force du poignet dans le velours épais des rideaux. Le silence venait tard, une fois disparu l’écho des derniers pas. C’est alors seulement que la netteté gagnait ces coups venus du fond de son corps. Ils avaient toujours été présents, mais ce n’est que dans ces moments-là qu’ils surgissaient purifiés de tout autre bruit, chacun avec son profil de poignard. Jusqu’à quand allaient-ils durer ? Car une heure viendrait, aucun doute là-dessus, où le désert de la nuit et le silence du corps formeraient une seule substance, inséparable à jamais de la fièvre de la rosée, quand matinale elle monte les dernières marches.

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Extrait de ‘ Versants du regard et autres poèmes en prose ‘
Éditions de la Différence – Patrick Quillier traducteur

Je l’ai découvert assez tard je dois dire…
C’est très beau…Puis-je ajouter sans te faire rougir que ta voix semble donnée au poème depuis toujours…
Merci à toi.
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😚 C’est fait !
Merci ! Tu ne te départis donc pas de ta générosité à mon endroit…
Ma voix sera bientôt engloutie dans ses propres profondeurs.
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