Humeur de printemps : allégresse mélancolique

Victor Borissov-MoussatovPrintemps (1901)

Voilà longtemps que je vous aime :
L’aveu remonte à dix-huit ans !
Vous êtes rose, je suis blême ;
J’ai les hivers, vous les printemps.

Théophile Gautier – « Dernier vœu »

Tout le printemps des paysages et des rivières monte comme un encens dans mon cœur, et le souffle de toutes choses chante en mes pensées comme une flûte.

Rabindranath Tagore – « L’offrande lyrique »

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Philippe Bernold, flûte, Ariane Jacob, piano
interprètent le 1er mouvement (« Allegro malinconico »)
de la Sonate pour flûte et piano de Francis Poulenc

Déjà en 1952 Poulenc exprime son désir de composer une sonate pour flûte traversière et piano. En témoignent ses correspondances avec son ami le chanteur Pierre Bernac et avec son éditeur. Mais ce n'est qu'en 1956, à l'occasion d'une commande de la Fondation Coolidge que l'occasion lui sera offerte de réaliser ce projet.

La pianiste Elizabeth Sprague Coolidge, grande mécène de la musique de chambre aux États Unis avait commandé des œuvres du genre à nombre de compositeurs de son temps, comme Ravel, Schoenberg, Honegger, Prokofiev et tant d'autres tout aussi illustres.
A sa mort en 1953, elle lègue une importante part de sa fortune à la Fondation qui porte son nom.

Par cette commande de 1956 à la mémoire de sa fondatrice, Poulenc, qui n'avait eu aucune connaissance préalable de la fondation - ni de la pianiste d'ailleurs - en devient lui aussi bénéficiaire.
Comme il se doit donc, officiellement cette sonate est dédiée à Elizabeth Coolidge, mais chacun dans l'entourage du compositeur sait bien que le véritable dédicataire est le célébrissime flûtiste Jean-Pierre Rampal avec qui Poulenc créa l’œuvre en 1957.

Publié par

Lelius

La musique et la poésie : des voies vers les êtres... Un chemin vers soi !

3 réflexions au sujet de “Humeur de printemps : allégresse mélancolique”

    1. J’ai, depuis très longtemps, au-delà de ma passion pour la musique de Poulenc, une très grande tendresse pour cette sonate qui n’évoque à ma mémoire que des instants de bonheur et de légèreté pourtant teintés d’un soupçon d’indicible mélancolie.
      Je suis heureux de cette contagion… Par les temps qui courent je devrais peut-être mesurer mon vocabulaire…
      Prenez bien soin de cette humeur printanière !

      Aimé par 1 personne

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