Poésie à trois personnages – Sonnet XVIII

Parce que la forme est contraignante, l’idée jaillit plus intense. Tout va bien au sonnet : la bouffonnerie, la galanterie, la passion, la rêverie, la méditation philosophique. Il y a, là, la beauté du métal et du minéral bien travaillés.
Charles Baudelaire (lettre à Armand Fraisse – 1860)
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Et, plus encore que toutes les autres formes du poème, peut-être en vertu de ses propres contraintes elles-mêmes, le sonnet semble porter en lui une part supplémentaire de musicalité et d’intimité mêlées qui lui confère une dualité particulière : celle d’exprimer un débat intérieur qui s’adresserait à l’autre.

Jacques Darras (poète lui-même et éminent traducteur des poètes tels que Malcom Lowry, Walt Whitman ou Ezra Pound) affirme même compter, dans les sonnets de Shakespeare, trois personnages : « celui à qui on s’adresse, celui qui parle et celui qui s’interroge. »

« Shall I compare thee to a summer’s day ? »

Maurice (Peter O’Toole), ancien acteur renommé, septuagénaire amoureux de sa très jeune nièce dont il essaie d’être le Pygmalion, se laisse emporter dans sa méditation par les vers du célèbre Sonnet XVIII de Shakespeare, dans cette scène du film « Venus » de Roger Mitchell. Susurrant le poème, Continuer la lecture de Poésie à trois personnages – Sonnet XVIII