Flâner entre le rêve et le poème… Ouvrir la cage aux arpèges… Se noyer dans un mot… S'évaporer dans les ciels d'un tableau… Prendre plaisir ou parfois en souffrir… Sentir et ressentir… Et puis le dire – S'enivrer de beauté pour se forcer à croire !
Le jour se lève au fond de l’abreuvoir, les peupliers dans la fraîcheur frémissent, les iris ont hissé leurs étendards et j’entends par-dessus la palissade des voix d’enfants inventer l’aujourd’hui. Je suis très loin des autrefois, tant pis, mais peut-être encor loin de l’avenir comme une orée l’est des forêts profondes.
Jean Grosjean – « La rumeur des cortèges » – Gallimard 2006
Que cette nouvelle année offre à chacun, autant que faire se pourra, les mille nuances de beau, de jeune et de généreux que contient cette musique et que prodigue le talent de ces musiciens !
Et les vœux en couleurs et en verdeur de « Perles d’Orphée » avec Carl Philipp Emmanuel Bach et l’ensemble Kontrapunktus :
Le véritable amour, toujours modeste, n’arrache pas ses faveurs avec audace, il les dérobe avec timidité. La décence et l’honnêteté l’accompagnent au sein de la volupté même, et lui seul sait tout accorder au désir sans rien ôter à la pudeur. Bien souvent l’erreur cruelle est de croire que l’amour heureux n’a plus de ménagements à garder avec la pudeur, et qu’on ne doit plus de respect à celle dont on n’a plus de rigueurs à craindre.
Jean-Jacques Rousseau – in « Julie ou La nouvelle Héloïse » – 1761
Picasso – L’Entretien
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Le vieux couple
Ce qui me plait dans ce duo
C’est que tu fais la voix du haut
C’est toi qui sais, c’est toi qui dis
C’est toi qui penses et moi je suis
Mais les grands soirs lorsque tu pleures
Quand tu as peur dans ta chaloupe
C’est moi qui parle pendant des heures
Nous sommes en somme un vieux couple
Je n’sais plus où je t’ai connue C’est à l’école ou au guignol Je me rappelle cette ingénue Qui avait perdu la boussole Depuis je t’empêche de boire Sauf les grands soirs dans ta chaloupe Quand tu me chantes tes déboires Nous sommes en somme un vieux couple
Avec ta tête d’épagneul Qui n’a pas appris à nager Avec ma gueule à rester seul Derrière des demis panachés Quand les grands soirs dans ta chaloupe Nous parlons de tes états d’´âme Et que tu diffames mes femmes Nous sommes en somme un vieux couple
Le seize août mil’ neuf cent soixante J’ai marié cette dame charmante Cinq jours après j’étais parti Et tu me bordais dans mon lit Alors a commencé la nuit Alors a commencé la nuit Dont on se croyait les étoiles Mais on n’était que les cigales
On s’est battu on s’est perdu Tu as souvent refait ta vie Et le plus beau, tu m’as trahi Mais tu ne m’en as pas voulu Et les grands soirs dans ta chaloupe Tu connais bien mes habitudes Je connais bien ta solitude Nous sommes en somme un vieux couple
Mon ami, mon copain, mon frère Ma vieille chance, ma galère Mon enfant, mon Judas, mon juge Ma rassurance, mon refuge Mon frère, mon faux-monnayeur Mon ami, mon valet de cœur Je ne voudrais pas que tu meures Je ne voudrais pas que tu meures
Paroles : Jean-Loup Dabadie – Musique : Jacques Datin 1972 « Serge Reggiani »