
Je ne vieillis pas, je m’élève
– « Tu vieillis », m’ont-ils dit. « Tu n’es plus toi, tu deviens amer et solitaire. »
– Non, ai-je répondu avec calme. Je ne vieillis pas. Je m’affranchis. Je ne me fane pas, je m’affirme.
J’ai cessé d’être celui qui plaît aux autres pour devenir celui qui me plaît à moi-même. Je ne cours plus après l’approbation d’autrui, j’ai trouvé refuge dans mes propres bras. Je ne vieillis pas. Je deviens sélectif, lucide, attentif.
Je choisis mes lieux, mes complices, mes batailles et mes silences.
J’ai appris à lâcher prise, non par amertume, mais par sagesse. J’ai libéré mon cœur des chaînes invisibles :
Les attachements stériles, les douleurs inutiles,
Les présences toxiques, les âmes tourmentées,
Et ces cœurs flétris par la méchanceté.
Je n’ai pas durci, j’ai adouci ma vie.
Je n’ai pas fui, j’ai trié.
Ce n’est ni par orgueil, ni par rancune.
C’est par amour de la paix, de la sérénité, et surtout, par amour de moi-même.
Non, je ne vieillis pas.
Je deviens.
Et dans ce devenir, je me découvre enfin.

Meryl Streep
