Flâner entre le rêve et le poème… Ouvrir la cage aux arpèges… Se noyer dans un mot… S'évaporer dans les ciels d'un tableau… Prendre plaisir ou parfois en souffrir… Sentir et ressentir… Et puis le dire – S'enivrer de beauté pour se forcer à croire !
James Christensen 1942-2017 (USA) – Sa chambre préférée
Ne tombe pas amoureux d’une femme qui lit, d’une femme qui ressent trop, d’une femme qui écrit… Ne tombe pas amoureux d’une femme cultivée, magicienne, délirante, folle. Ne tombe pas amoureux d’une femme qui pense, qui sait ce qu’elle sait et qui, en plus, sait voler ; une femme sûre d’elle-même.
Ne tombe pas amoureux d’une femme qui rit ou qui pleure en faisant l’amour, qui sait convertir sa chair en esprit ; et encore moins de celle qui aime la poésie (celles-là sont les plus dangereuses), ou qui passe une demi-heure à fixer un tableau, ou qui ne sait pas comment vivre sans musique.
Ne tombe pas amoureux d’une femme qui s’intéresse à la politique, qui est rebelle et qui a le vertige devant l’immense horreur des injustices. Une femme qui aime le foot et le baseball et qui n’aime absolument pas regarder la télévision. Ni d’une femme belle peu importe les traits de son visage ou les caractéristiques de son corps.
Ne tombe pas amoureux d’une femme ardente, ludique, lucide et irrévérencieuse.
Ne t’imagine pas tomber amoureux de ce genre de femme.
Car, si d’aventure tu tombais amoureux d’une femme pareille, qu’elle reste ou pas avec toi, qu’elle t’aime ou pas, d’elle, d’une telle femme, JAMAIS on ne revient.
Martha Rivera-Garrido (poétesse dominicaine)
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Je ne connais pas son adresse, mais tu la rencontreras sans doute entre Upper West Side – Manhattan à New York City et les entrepôts des anciennes aciéries à Brooklyn. Pour dire plus simplement : entre le très chic Metropolitan Opera et le très populaire Gowanus Ballroom, désormais fermé.
Son nom ? ‘Stella di Napoli‘… ou Joyce DiDonato.
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No te enamores de una mujer que lee, de una mujer que siente demasiado, de una mujer que escribe… No te enamores de una mujer culta, maga, delirante, loca. No te enamores de una mujer que piensa, que sabe lo que sabe y además sabe volar; una mujer segura de sí misma. No te enamores de una mujer que se ríe o llora haciendo el amor, que sabe convertir en espíritu su carne; y mucho menos de una que ame la poesía (esas son las más peligrosas), o que se quede media hora contemplando una pintura y no sepa vivir sin la música. No te enamores de una mujer a la que le interese la política y que sea rebelde y vertigue un inmenso horror por las injusticias.Una a la que le gusten los juegos de fútbol y de pelota y no le guste para nada ver televisión. Ni de una mujer que es bella sin importar las características de su cara y de su cuerpo. No te enamores de una mujer intensa, lúdica y lúcida e irreverente. No quieras enamorarte de una mujer así.
Porque cuando te enamoras de una mujer como esa, se quede ella contigo o no, te ame ella o no, de ella, de una mujer así, JAMAS se regresa.
Lamartine – La chute d’un ange – XII vision (1838)
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Francisco Luis Bernardez (Argentine 1900-1978)
« Être amoureux… »
Être amoureux, mes amis, c’est trouver le nom exact de la vie. C’est tomber enfin sur le mot qu’il faut pour affronter la mort. C’est retrouver la clé cachée qui ouvre la prison ou l’âme est retenue captive. C’est respirer le vent du large qu’on respire au-delà de la chair. C’est contempler du haut de la personne la raison des blessures. C’est déceler dans des yeux un regard vrai qui nous regarde. C’est écouter dans une bouche sa propre voix profondément répétée. C’est surprendre dans des mains cette chaleur de la parfaite alliance. C’est pressentir que, pour toujours, la solitude de notre ombre est vaincue.
Être amoureux, mes amis, c’est découvrir ou s’unissent corps et âmes. C’est deviner dans le désert la voix cristalline d’une eau vive qui nous appelle. C’est voir la mer du haut de la tour où est restée prisonnière notre enfance. C’est reposer ses yeux tristes sur un paysage de cigognes et de cloches. C’est occuper un territoire où cohabitent les parfums et les armes. C’est dicter sa loi à chaque rose et en même temps la recevoir de son épée. C’est prendre les sentiments pour un brasier qui jaillit du cœur. C’est maîtriser la lumière du feu et en même temps être esclave de la flamme. C’est comprendre la conversation intime du cœur et de la distance. C’est trouver le chemin qui mène au royaume de la musique absolue. […]
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Estar enamorado, amigos, es encontrar el nombre justo de la vida. Es dar al fin con la palabra que para hacer frente a la muerte se precisa. Es recobrar la llave oculta que abre la cárcel en que el alma está cautiva. [Es levantarse de la tierra con una fuerza que reclama desde arriba.] Es respirar el ancho viento que por encima de la carne se respira. Es contemplar desde la cumbre de la persona la razón de las heridas. Es advertir en unos ojos una mirada verdadera que nos mira. Es escuchar en una boca la propia voz profundamente repetida. Es sorprender en unas manos ese calor de la perfecta compañía. Es sospechar que, para siempre, la soledad de nuestra sombra está vencida.
Estar enamorado, amigos, es descubrir dónde se juntan cuerpo y alma. Es percibir en el desierto la cristalina voz del río que nos llama. Es ver el mar desde la torre donde ha quedado prisionera nuestra infancia. Es apoyar los ojos tristes en un paisaje de cigüeñas y campanas. Es ocupar un territorio donde conviven los perfumes y las armas. Es dar la ley a cada rosa y al mismo tiempo recibirla de su espada. Es confundir el sentimiento con una hoguera que del pecho se levanta. Es gobernar la luz del fuego y al mismo tiempo ser esclavo de la llama. Es entender la pensativa conversación del corazón y la distancia. Es encontrar el derrotero que lleva al reino de la música sin tasa.
[Estar enamorado, amigos, es adueñarse de las noches y de los días.
Es olvidar entre los dedos emocionados la cabeza distraída.
Es recordar a Garcilaso cuando se siente la canción de una herrería.
Es ir leyendo lo que escriben en el espacio las primeras golondrinas.
Es ver la estrella de la tarde por la ventana de una casa campesina.
Es contemplar el tren que pasa por la montaña con las luces encendidas.
Es comprender perfectamente que no hay fronteras entre el sueño y la vigilia.
Es ignorar en qué consiste la diferencia entre pena y alegría.
Es escuchar a medianoche la vagabunda confesión de la llovizna.
Es divisar en las tinieblas del corazón una pequeña lucecita.
Estar enamorado, amigos, es padecer espacio y tiempo con dulzura.
Es despertarse en la mañana con el secreto de las flores y las frutas.
Es liberarse de sí mismo y estar unido con las otras criaturas.
Es no saber si son ajenas o si son propias las lejanas amarguras.
Es remontar hasta la fuente las aguas turbias del torrente de la angustia.
Es compartir la luz del mundo y al mismo tiempo es compartir la noche obscura.
Es asombrarse y alegrarse de que la luna todavía sea luna.
Es comprobar en cuerpo y alma que la tarea de ser hombre es menos dura.
Es empezar a decir siempre y en adelante no volver a decir nunca.
Y es además, amigos míos, estar seguro de tener las manos puras.]
Signes et indices il y eut, illisibles, mais quelle importance.
Coup de foudre
Convaincus sont-ils, tous les deux, qu’un sentiment soudain les avait réunis. Belle est cette certitude mais plus belle est l’incertitude.
Et puisqu’ils ne se sont jamais connus avant, rien entre eux, le croient-ils, n’est jamais arrivé. Mais qu’en pensent les rues, escaliers et couloirs où, depuis si longtemps, ils pouvaient se croiser ?
J’aimerais leur demander s’ils ne se souviennent pas – peut-être, dans ce tourniquet, autrefois, l’un et l’autre, face à face ? quelque « pardon » dans la cohue ? « vous faites erreur » au téléphone ? Mais je sais bien ce qu’ils diront. Non, rien, aucun souvenir.
Ils seraient étonnés d’apprendre que, depuis un moment déjà, le hasard jouait avec eux.
Pas tout à fait prêt encore à se faire destin pour eux, il les poussait, les éloignait, et les croisait en chemin pour s’écarter aussitôt en rigolant sous cape.
Signes et indices il y eut, illisibles, mais quelle importance.
Qui sait, il y a trois ans peut-être, sinon mardi dernier, une feuille avait volé d’une épaule vers l’autre ? On avait ramassé quelque chose de perdu ? Un ballon peut-être, déjà dans les buissons de l’enfance ?
Des verrous il y avait, des sonnettes où, bien avant l’heure dite, un toucher s’allongeait sur un autre toucher ? Deux valises, côte à côte, au vestiaire ? Un rêve identique, une nuit, aussitôt effacé le matin ?
Tout début, c’est très clair, n’est jamais qu’une suite, et le livre des événements toujours ouvert au milieu.
C’est une langue si délicate le Scat
vaut mieux défaire sa cravate
pour le Scat
c’est pas le Magnificat
c’est plus facile qu’une cantate
mais faut la langue acrobate
pour le Scat
Michel Jonasz – chanson « Le Scat »
Nul besoin de téléphone portable pour un « social call ». Croyons donc les traducteurs, c’est d’une visite dont il est question. Amicale au demeurant, amoureuse, pourquoi pas ? – On n’a pas trouver plus intime que le tête à tête pour communiquer dans ces cas-là…
Oh ! On échangera bien quelques reproches au milieu des heureux souvenirs…
Mais avec un sourire jazzy, à l’ancienne, un poil de swing, un zeste de scat et du groove plein la voix, autour d’un bon vieux standard des années 1950, les choses pourraient bien ressembler aux retrouvailles de Benny Benack et Veronica Swift devant leur micro.
Pas mal, non ? Jazz is back !
I’ll wait for you tonight ! 🎶Doo be doya bop dee dee !!! 🎶
Benny
Happened to pass your doorway Gave you a buzz, that’s all Lately, I’ve thought lots about you So I thought I’d pay a social call
Veronica
Do you recall the old days? We used to have a ball
Benny
Not that I’m lonesome without you I just thought I’d pay a social call
Veronica
I thought I’d say Things are just swell But to tell the truth I haven’t been so well
And if you should try to kiss me I promise that I won’t stall
Benny
Maybe we’ll get back together
Benny & Veronica
Starting from this incidental Elemental Simple social call
Benny
Do you remember all the good times that we had my baby girl? I’ll never forget you’ve got the greatest smile in the world Oh, my sugarplum fairy, don’t hold a grudge I simply had to say hello once more
And am I insane Or do I really see a world where you and I could be together, forever When, buttercup, don’t slam the door in my face Unless you really wanna spill my heart all over the place
Oh, I guess we’re going to spend a lot of time hanging out like this I’m tryna break my habit of you But, since we weren’t back together I suppose we should start anew Dear, what do you say?
Oh! I can’t take it My! Heart is breaking I’m laying it on the line
If you can find it in your mind that there just a little Itsy, bitsy, chance that you might miss me Let’s give it a whirl
Veronica
Baby, we’ve played this game a thousand million times I should throw your heart in jail for all of its crimes You say that you love me and I think that it’s true But why should I just sit at home awaiting for you
When we’re together, it’s always stormy weather And I really feel like sittin’ on a beach, with you out of reach Whenever you smirk, I get weak in the knees But if you’re a jerk, I’ll tune out all of your pleas
Well I suppose just one drink couldn’t hurt But just one, nothing more I’m onto all of your tricks But if you slip up, I’ll show you the door
I must be crazy, but I’m coming around But if you do me wrong, I’ll run you out of this town I guess that I could give you one more chance now To prove you’re the man who can love me everyday
And never leave my side ever again
Benny & Veronica
(Scatting)
Veronica
If you should try to kiss me baby I promise I won’t stall
Benny
Maybe we’ll get back together
Benny & Veronica
Starting from this incidental Elemental Simple social call
L’usage et les conventions veulent que le début de l’année soit LA période des grandes résolutions. Ces fameux engagements importantissimes que l’on prend avec soi-même, et avec détermination, pour se prouver douze mois plus tard que l’on a été assez fort et assez libre pour ne pas s’être laissé dominer par leur dictature. N’est-ce pas ?
Non conformiste, je préfère les résolutions de printemps. C’est aussi un commencement, après tout ! Et pour ne pas bousculer ma piètre volonté vis à vis de laquelle j’ai décidé d’appliquer la plus grande clémence, j’ai préféré limiter ma « todo list » à une seule proposition. Simple, naturelle, éprouvée… et tellement agréable que la suivre n’est qu’une merveilleuse exaltation !
Quand vous la connaîtrez, je gage que vous l’adopterez aussi.
Allez « Let’s do it ! Let’s fall in love ! »
Louis Armstrong – Composition de Cole Porter (1928) – Audio
When the little bluebird Who has never said a word Starts to sing « Spring – Spring » When the little bluebell At the bottom of the dell Starts to ring « Ding – Ding » When the little blue clerk In the middle of his work Starts a tune to the moon up above It is nature that is all Simply telling us to fall in love…
And that’s why :
Birds do it, bees do it Even educated fleas do it Let’s do it, let’s fall in love
In Spain, the best upper sets do it Lithuanians and Letts do it Let’s do it, let’s fall in love
The Dutch in old Amsterdam do it Not to mention the Finns Folks in Siam do it – think of Siamese twins
Some Argentines, without means, do it People say in Boston even beans do it Let’s do it, let’s fall in love
Romantic sponges, they say, do it Oysters down in Oyster Bay do it Let’s do it, let’s fall in love
Cold Cape Cod clams, ‘gainst their wish, do it Even lazy jellyfish, do it Let’s do it, let’s fall in love
Electric eels I might add do it Though it shocks ’em I know Why ask if shad do it – Waiter bring me « shad roe »
In shallow shoals English soles do it Goldfish in the privacy of bowls do it Let’s do it, let’s fall in love…
Dragonflies in the reeds do it, Sentimental centipedes do it, Let’s do it, let’s fall in love !
……
Mosquitoes, heaven forbid, do it, So does every katydid do it, Let’s do it, let’s fall in love !
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The most refined ladybugs do it, When a gentleman calls, Moths in your rugs do it, What’s the use of moth balls ?
Locusts in trees do it, Bees do it, Even overeducated fleas do it, Let’s do it, let’s fall in love !
The chimpanzees in the zoos do it, Some courageous kangaroos do it, Let’s do it, let’s fall in love !
I’m sure the giraffes on the sly do it
Heavy hippopotami do it
Let’s do it, let’s fall in love !
Sloths who hang down from the twigs do it, Though the effort is great Sweet guinea pigs do it, Buy a couple and wait !
The world admits bears in the pits do it, Even Pekingeses in the Ritz do it, Let’s do it, let’s fall in love !
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Et si avec la traduction, vous préférez une voix plus douce… O combien !
Ella Fitzgerald et l’Orchestre de Duke Ellington (1956) – Audio
Quand le petit oiseau bleu Qui n’a jamais dit un mot Commence à chanter : « Printemps – Printemps »
Quand la petite cloche bleue Au fond de la combe Commence à sonner « Ding – Ding »
Quand le petit employé de bureau bleu, Au milieu de son travail, Entonne une mélodie à la lune au-dessus de lui
C’est la nature qui est tout, Et qui nous invite simplement à tomber amoureux.
Et c’est pourquoi…
Les oiseaux le font, les abeilles le font ! Même les puces savantes le font ! Alors faisons-le, tombons amoureux !
En Espagne, les plus hauts seigneurs le font, Les Lituaniens et les Lettons le font, Faisons-le, tombons amoureux !
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Les Hollandais dans le vieil Amsterdam le font, Inutile de mentionner les Finnois, Tous au Siam le font – pensez aux jumeaux siamois !
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Certains Argentins, sans le savoir, le font ! On dit que les haricots de Boston le font ! Faisons-le, tombons amoureux !
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Les éponges romantiques, dit-on, le font, Les huîtres, au fond d’Oyster Bay, le font, Faisons-le, tombons amoureux !
…
Les palourdes du froid Cape Cod, malgré elles, le font, Même les méduses paresseuses le font, Faisons-le, tombons amoureux !
Les anguilles électriques, dois-je ajouter, le font,
Même si ça les choque, je le sais,
Pourquoi demander si l’alose le fait ? – le serveur m’en apporte les « œufs » !
Dans les bas-fonds les bancs de soles anglaises le font, Les poissons rouges dans l’intimité de leur bocal le font, Faisons-le, tombons amoureux !
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Les libellules des roseaux le font, Les mille-pattes sentimentaux le font, Faisons-le, tombons amoureux !
…
Les moustiques, privés du paradis, le font, Ainsi que chaque cricket, Faisons-le, tombons amoureux !
Les coccinelles les plus raffinées le font Quand un gentleman appelle, Les mites de vos tapis le font, – A quoi servent les boules anti-mites ?
Les sauterelles dans les arbres le font, Les abeilles le font, Même les puces super dressées le font, Faisons-le, tombons amoureux !
Les Chimpanzés dans les zoos le font, Quelques courageux Kangourous le font, Faisons-le, tombons amoureux !
…
Je suis sûr que les girafes, en douce, le font, Les lourds hippopotames le font, Faisons-le, tombons amoureux !
Les paresseux pendus aux branches le font, Même si l’effort est énorme, les doux cobayes le font, Achetez-en un couple et attendez !
Tous admettent que les ours dans les fossés le font, Même les pékinois du Ritz le font, Alors faisons-le, tombons amoureux !