
Extase
Mon cœur dans le silence a soudain tressailli,
Comme une onde que trouble une brise inquiète ;
Puis la paix des beaux soirs doucement s'est refaite,
Et c'est un calme ciel qu'à présent je reflète
En tendant vers tes yeux mon désir recueilli.
Comme ceux-là qu'on voit dans les anciens tableaux,
Mains jointes et nu-tête, à genoux sur la pierre,
Je voudrais t'adorer sans lever la paupière,
Et t'offrir mon amour ainsi qu'une prière
Qui monte vers le ciel entre les grands flambeaux.
Ta respiration n'est qu'un faible soupir.
Dans la solennité de ta pose immobile,
Seul, le rythme des mers gonfle ton sein tranquille,
Et sur ton lit d'amour, d'où la pudeur s'exile,
La beauté de ton corps fait songer à mourir...

Albert Samain 1858-1900
in « Au jardin de l’Infante » – 1893

Beauté profonde…
J’aimeAimé par 1 personne
Ce recueil, « Au jardin de l’Infante », est un trésor de la poésie française, un hommage magnifique à notre langue dans ses plus beaux et plus sensibles atours.
(Je me sens si vieux en écrivant ces mots aujourd’hui…)
J’aimeAimé par 1 personne
Alors si c’est le cas, moi aussi je suis vieille…
J’aimeAimé par 1 personne