
A l’attention de mon ami Jérôme K.
Jamais dans ton existence la conscience de notre solitude ontologique ne te sera plus évidente qu’en ce moment unique de la perte du père, ce séisme intime qui redéfinit, quel que soit notre âge et notre expérience, notre place dans le monde.
Quand advient cette séparation, nous nous apercevons que plus rien désormais ne saurait faire obstacle à notre propre finitude ; nous devenons soudainement la génération du premier front. La tempête des émotions apaisée et le silence intérieur revenu, nous pouvons alors comprendre que nous ne marcherons pourtant pas seul sur ce chemin nouveau : la trace de ses pas, parfois, ne manquerait pas de guider les nôtres.
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« La musique commence là où s’arrête le pouvoir des mots » disait Richard Wagner. Alors, ami, pour t’accompagner spirituellement dans ce douloureux moment, je voudrais joindre en pensée ma voix mécréante à ce chœur d’hommes interprétant un motet composé par Félix Mendelssohn sur les paroles bibliques de l’Apocalypse de Jean (14:13) :
Beati mortui in Domino morientes deinceps.
Dicit enim spiritus,
ut requescant a laboribus suis
et opera illorum sequuntur ipsos.
Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur.
Oui, dit l’esprit : que dès à présent
ils se reposent de leurs peines,
car leurs œuvres les suivent.
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Yes, we are on the front lines of civilization now – le premier front. And most people are still denying it. That is the hardest battle. Many people cannot bear to make the connections – they focus on living a linear life making nuclear families as comfortably as they can.
We who believe we see the truth in all its ghastly entanglement should fight on, regardless of how many follow us?
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Continue to fight? That is the fundamental question of the philosophy of commitment.
My humble opinion: even if, with terrible lucidity, we see precisely this appalling entanglement feeding our pessimism to the extreme, we will not give up. To stop is to die. And even if we are the last ones left, we cannot accept dying without a fight.
Pessimism (and it has been with me for a long time, perhaps it is congenital?) as lucidity but not as resignation. We are all Camus’s ‘Sisyphus’. We do not fight because we are sure of victory, but because it is the only way to be fully alive, fully human.
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Yes! « We do not fight because we are sure of victory, but because it is the only way to be fully alive, fully human. » Thank you.
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