Le vide et la nuit

Wang Shen ( Dynastie Song) – paysage – 11ème siecle (Musée de Shanghai)

 Le centre est là
D’où jaillit
       le souffle rythmique
En vivifiante vacuité

Sans qu’on s’y attende
Autour de soi
        et droit au cœur
Voici les ondes
Natives et vastes
Résonnant
Depuis l’ici même
         jusqu’au plus lointain
De leur toujours déjà là
        de leur toujours commençante
Mélodie

François Cheng
(À l’orient de tout – Le livre du vide médian – Poésie/Gallimard)

Réduit au plus ténu du souffle

Être pure ouïe

Et faire écho en silence

Au respir des sycomores

Quand l’automne les pénètre

De son haleine d’humus et de brume

À la saveur de sel après larmes

Réduit au plus ténu du souffle

Abandonné au rien

Et au change

À rien de moins qu’échange

Là où voix est voie

Et voie voix

Là est


François Cheng
(À l’orient de tout – Qui dira notre nuit – Poésie/Gallimard) 

Publié par

Lelius

La musique et la poésie : des voies vers les êtres... Un chemin vers soi !

8 réflexions au sujet de “Le vide et la nuit”

    1. La poésie de François Cheng nous tient toujours dans un état de flottaison difficilement descriptible. Une sorte de suspension, de lévitation, inhérente à l’inévitable passage que chaque instant nous propose entre un ailleurs et un autre ailleurs.

      J'aime

    1. Douceur et force : quels mots qualifient-ils mieux l’élan vital ? Yin et Yang… et nous voici de nouveau dans cet univers sensible où François Cheng nous invite souvent, pour notre plus grand bonheur.
      Merci d’avoir, une fois encore, partagé mon émotion !

      Aimé par 1 personne

  1. Tout est profondeur et Esprit chez François Cheng, dans la simplicité, et avec élégance – ce qui est beaucoup plus rare. Fréquentons-le encore et encore ! Pour ma part, le lire me grandit.
    Merci d’avoir apprécié mon mariage insolite !

    J'aime

  2. Deux âmes, deux souffles et le silence solennel d’une écoute réceptive baignée de grâce, celui du mouvement profond intérieur et celui aussi profond d’un ailleurs, qui se trouve plus loin qu’ailleurs, un parfum de profonde nostalgie, ou la vibration profonde de l’émotion esthétique devant ce qui transcende tout et soi. Merci pour cette élévation Lelius.

    Aimé par 1 personne

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